Véhicules autonomes et revenu de base

D’ici 10 à 15 ans, les véhicules autonomes seront une réalité de notre monde. Cela signifie que le transport de personnes ou de biens sera effectué par ces véhicules autonomes. Les conséquences positives sont nombreuses et seront mises en avant par les fabricants et fournisseurs de service, comme la possibilité de commander un véhicule depuis votre téléphone ou votre ordinateur, la possibilité de supprimer les feux au carrefour, moins (ou plus du tout) de bouchons ou d’accidents.

Nous avons déjà pu constater qu’avec l’émergence de service comme Uber ou d’autres permettant de commander une voiture avec chauffeur, le marché avait été fortement perturbé. Imaginez juste un instant que la voiture que vous commanderez avec Uber sera une voiture auto-pilotée dans quelques années.

Dans un article publié sur Medium, Tanay Jaipuria, questionne les décisions qui seront prises lors de la programmation de ces robots. Isaac Asimov a couvert de nombreux cas dans ses romans, maintenant il s’agit de la réalité…

Une des conséquences de ces véhicules auto-pilotés sera l’emploi de millions de personnes qui sont aujourd’hui conducteurs de véhicules (taxi, camions…). Ce n’est pas simple de trouver le nombre exact de personnes faisant ce métier dans le monde. Comme il y a plus de 3,5 millions de conducteurs de camions aux Etats-Unis et qu’il y a environ 50% de plus de camions enregistrés en Europe et en Asie, je suppose qu’il y a encore plus de chauffeurs dans ces zones.

Des millions de personnes sans emploi qui ne retrouveront pas si facilement que cela une activité.

Nous pouvons dire (ou penser) que ce n’est ni notre faute, ni notre responsabilité. Je crois que nous devrions prendre en considération ce problème et mettre dès à présent en place un revenu de base inconditionnel pour toutes les personnes, ce qui leur permettrait d’avoir le temps d’avoir une activité à leur mesure, quelle qu’elle soit.

Le revenu de base est un revenu inconditionnel versé à tous sur une base individuelle, sans conditions de ressources, ni de travail. Plus d’information ici.

Revenu de Base

cropped-cropped-logo-eci-ubi-eifbi-e1360146062209Une Initiative Citoyenne Européenne pour le Revenu de base inconditionnel a été lancé le 14 janvier 2013. Si elle remporte 1 million de signature dans moins d’un, alors la Commission Européenne devra étudier en profondeur l’initiative au Parlement en auditionnant le comité des citoyens organisateurs.

J’ai déjà abordé ici et ici pourquoi il me semble indispensable de mettre en place au plus tôt un revenu de base.

Aussi, je vous encourage à soutenir cette initiative : https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000028/public/index.do

Attention : s’agissant d’une procédure officielle, une information sur votre identité sera demandée afin de permettre de s’assurer qu’une même personne ne signe pas plusieurs fois.

Plus d’information sur le site officiel de l’initiative : http://basicincome2013.eu/

Revenu de Vie

Le Centre des Jeunes Dirigeants a publié en novembre 2011 Objectif Oikos, un livre blanc pour mettre l’économie au service de la vie. Ce livre blanc contient 12 propositions pour 2012 destinées à interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

Parmi ces propositions, la mise en place d’une allocation universelle (un revenu de vie), une allocation versée à toute personne sans conditions.

Finalement, en termes de redistribution, nous proposons de réaliser enfin la grande synthèse de tous les mécanismes hérités de décennies de mise en place de l‟État-Providence. Remplaçons l‟accumulation actuelle de mécanismes partiels par un outil unique, simple et efficace, dont le fonctionnement est compréhensible par tous. Donnons à chacun, sans aucune condition, les moyens minimaux d‟une existence digne. Le principe de cette redistribution rénovée est simple : que chacun reçoive selon ses besoins vitaux ; que chacun contribue selon ses capacités.
Nous proposons ainsi que chaque adulte reçoive une somme de 400 euro tous les mois, la moitié pour les mineurs. Cette allocation universelle (AU), inconditionnelle, versée systématiquement à chacun, de la naissance à la mort, est le meilleur moyen d‟éliminer tout risque d‟extrême pauvreté. La quatrième partie précise comment nous envisageons de mettre en œuvre cette proposition.
La misère n‟est pas tolérable. Éradiquons-la, maintenant !

Une nouvelle occasion de vous encourager à signer l’appel pour le revenu de vie !

Et de prendre connaissance de quelques éléments d’informations :

Les indignés

A l’heure ou les indignés quittent la place qu’ils avaient investis depuis le 15 mai à Madrid, je reviens sur la revendication qui m’a le plus surpris :

Nous voulons la démocratie

Surpris, car ce que nous avions communément admis comme des revendications de démocratie pour la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, la Syrie et bien d’autres étaient à présent formulé en Espagne (et également en Grèce et en Irlande…). En cause : les institutions « non élues » suivant leur propre agenda et n’agissant pas pour le bien du peuple : Commission Européenne, BCE, FMI… Il est vrai que nos politiques se cachent depuis longtemps derrière ces institutions pour justifier leurs actions ou leur inaction.

Ces institutions qui depuis 2008 peinent à maintenir le système monétaire en fonctionnement en prolongeant la création de monnaie par la dette (dette que nous devrons bien sur rembourser plus tard lorsque la croissance sera revenue). Pour comprendre le propos, il est utile de lire La Théorie Relative de la Monnaie que j’abordais dans un précédent article.

Une grande partie des moins de 30 ans vivent de petits boulots ou de stages mal rémunérés. Certains en viennent à dire que l’abolition de l’esclavage n’a pas eu lieu et qu’à présent pour être esclave, il faut faire des études… Dans le même temps, l’écart entre les plus pauvres et les plus riches ne cessent d’augmenter (presque la moitié des français ont un revenu inférieur à 1500 € et il suffit de plus de 5000 € pour être dans les 5% les plus riches… La courbe devient verticale ensuite, plus verticale qu’elle ne l’a jamais été depuis les années 50… Le système d’impôt dégressif contribue à accroitre l’écart puisque les plus riches payent moins d’impôt en proportion que les plus pauvres).

Un monde fini

Un monde fini pour dire que la croissance ne peut être infinie et donc qu’un mode de fonctionnement ou la création monétaire se fait sur la base d’une dette générant des intérêts est un système à abandonner.

Plus assez de travail pour tous ET beaucoup de travail à faire

Un paradoxe de plus, il n’y a plus assez de travail pour tous, ou autrement dit, la productivité globale a suffisamment augmentée pour que le travail de quelques-uns suffisent à satisfaire les besoins de beaucoup. Et en même temps un grand nombre de besoins sont insatisfaits : accès à l’eau, à la nourriture, à l’éducation, à la santé, dépollution de la production d’énergie, nettoyage de la planète…

Dissocier le revenu et le travail

De la même façon que nous considérons en contractant une dette au niveau d’un état, que celle-ci engage les descendants habitants dans cet Etat, nous pourrions considérer qu’ils touchent un revenu (un dividende) basé sur la richesse que cet Etat à créé dans le passé : c’est le principe du revenu de vie ou du dividende universel. La création monétaire pourrait se faire par l’attribution inconditionnelle d’un revenu de vie à chaque citoyen de façon inconditionnelle.

Cela permettrait à certains de se consacrer à des travaux importants mais n’apportant pas de rémunération immédiate. Lire aussi : le revenu de vie. Cela permettrait également de revoir les principes de l’aide apporté par l’Etat aux plus défavorisés : en rendant le revenu inconditionnel, on supprime une grande part du cout de distribution, de contrôle, de fraude…

En finir avec la dette

Il est essentiel également de cesser avec le principe de dette des Etats qui montre aujourd’hui une fois de plus ces limites (les taux d’intérêts montent hors de proportion alors que le risque réel de défaut est quasi-nul car il impliquerait de mettre fin au système dans son ensemble). Il faudra donc accepter une renégociation de dette par création monétaire sur les 10 à 15 prochaines années et un abandon du système de dette des Etats (pour ceux dont les revenus dépendent de ces placements, c’est évidement une très mauvaise idée…).

Cela suppose pour un pays comme la France dont la dette atteint aujourd’hui 1600 Mds (2010) alors qu’elle était de 1150 Mds en 2006 de créer 100 Mds de monnaie par an sur 16 ans… Ce qui par rapport à la masse monétaire M3 de 9400 Mds dans la zone Euro est assez raisonnable.

Si les états dépassent leur budget et créent un déficit cela doit être dans un investissement durable augmentant le patrimoine (et donc les dividendes futurs) et pas pour rembourser des intérêts d’emprunts qui n’étaient là au départ que pour faire fonctionner le système monétaire (et qui sont aujourd’hui trop élevé par rapport au cout réel de fonctionnement).

Status Quo

La problématique de remettre en cause le système monétaire est qu’il est aujourd’hui la base de tout notre fonctionnement. Le Status Quo est donc bien plus confortable et rassurant : nous savons ce que nous avons, nous pouvons évaluer les dysfonctionnements et s’en désoler de temps à autres… Mais nous ne pouvons pas savoir avec certitude ce que nous perdrions et gagnerions dans un nouveau système… Alors nous préférons le Status Quo, jusqu’à ce que cela soit intenable et que cela explose : Les indignés nous montrent qu’il est temps de repenser le système dans son ensemble et que nous ne pourrons plus prolonger notre ancien système (qui à moins de 100 ans…) très longtemps…

Les indignés ont montrés que la situation actuelle étaient insupportable et qu’il y avait d’autres voies que la peur de l’autre vers lesquelles se tourner. A la fois enthousiasmant et effrayant comme beaucoup de changement !