Solutions Linux 2009

Le Salon Solutions Linux ouvrira ses portes les 31 mars, 1er et 2 avril au Parc des Expositions de la Porte de Versailles.

Le salon fête cette année ses 10 ans et j’espère qu’il vous comptera parmi ses visiteurs.

Je serai sur le salon le 1er avril pour animer la session de conférences consacrées à l’Administration Electronique Libre (9h30 à 13h), dont voici le programme :

  • 9h30 – 9h40 – Introduction
    Alexis Monville
  • 9h40 – 10h00 – Pr@tic, plate-forme de téléservices libre du Centre de Gestion du Nord
    Maurice Debosscher, Responsable Technique au Centre de Gestion du Nord (CDG59) et Pierre Cros (Entr’ouvert)
  • 10h00 – 10h20 – Le projet PLUME
    Jean-Luc Archimbaud (CNRS)
  • 10h20 – 10h40 – BI Open Source – le portail énergie de la ville de Chateauroux
    Sébastien Bernard (Chef de projet de la ville de Châteauroux) et Marc Sallières (ALTIC)
  • 10h40 – 11h00 – La préservation numérique de la collection d’une bibliothèque à l’aide de logiciels libres
    Thomas Ledoux (Chef de projet SPAR de la BnF) et Laurent Sollier (AtosOrigin)
  • 11h00 – 11h20 – Déploiement et évolution d’une solution de travail collaboratif Open Source au sein de l’INSERM
    Patrick LEROUGE (DSI de l’INSERM) et Pierre Baudracco (leader du projet OBM, Aliasource)
  • 11h30 à 13h00 – Table-ronde
    Animée par François Elie, Président de l’Adullact
    Vincent Mazelaigue, Ville de Paris
    Nicolas Tissot, Région Ile de France

Le nouveau paradigme des DSI

« Le nouveau paradigme des DSI » était le titre de l’intervention de Peter Hinssen (Président de Porthus.com et auparavant Entrepreneur en résidence chez McKinsey) lors de la réunion de rentrée du Club 01DSI.

Peter Hinssen propose dans sa présentation d’aller plus loin que l’alignement du SI sur le métier. Il commence par constater – la présentation était en anglais – que CIO ressemble souvent à « Carrier Is Over »…

Il poursuit en s’appuyant sur la loi de Moore pour dire que la révolution numérique n’en est qu’au tout début.

Il utilise Les Amants de Magritte comme métaphore de la relation entre les métiers et le SI : Ils ne se connaissent pas…

Le plus grand challenge des DSI à venir est lié au fait que les produits numériques de grande consommation sont plus simples et moins chers que ceux qu’ils sont à même de proposer.

Il propose donc au DSI plusieurs axes de changement :

  1. Devenir plus souple, plus adaptable, en quittant les architectures en silos pour aller vers une architecture à composants et services.
  2. Se positionner au cœur de l’organisation comme apporteur de valeur, comme celui qui rend possible les transformations, passer du rôle de suiveur à celui d’innovateur.
  3. Se préoccuper du métier, en attirant des spécialistes du métier dans son équipe, en changeant de culture, d’attitude… En connectant le cerveau droit et le gauche…

Peter Hinssen donne ensuite l’exemple de Procter & Gamble qui à externalisé 15000 Informaticiens sur 17000 et qui à envoyé les 2000 restants dans les divisions métiers comme facilitateurs d’innovation.

Le DSI devient alors celui qui permet à l’organisation de gagner en vitesse, en flexibilité, en agilité, en créativité, celui qui connait le métier et les technologies et facilite l’innovation.

Stratégie DSI 2010

Cette conférence réunissait, à l’initiative de la société De Gamma :

  • Michel Delattre, DSI Groupe La Poste
  • Bernard Dubs, fondateur du BIT Group
  • Jacques-Benoit Lebris, Directeur Business Intelligence Rhodia
  • Eric Tirlemont, Ineum Consulting
  • Gilles Martin, De Gamma
  • José Rodrigues, De Gamma

Dans le cadre du plan CIGREF 2010, Michel Delattre, a présenté les travaux menés sur le dialogue stratégique entre les Directions des Systèmes d’Information, les Directions générales et les Directions Métiers.

Un bref résumé de l’intervention pourrait être :

En fonction de l’organisation, de sa maturité par rapport aux Systèmes d’Information, la situation peut aller :

  • l’informatique est un problème (messagerie plantée…),
  • en passant par une situation d’optimisation du SI par rapport aux métiers,
  • vers une véritable transformation des métiers grâce au système d’information.

Ces trois niveaux se traduisent en terme de relation par

  • une relation client-fournisseur,
  • une relation d’alignement stratégique (en réaction à l’établissement d’une stratégie métier),
  • une véritable intégration dans la stratégie métier.

Les apports des systèmes d’information sont de deux ordres :

  • un premier niveau d’optimisation,
  • un deuxième niveau d’innovation dans les usages des métiers.

Michel Delattre termine par ce que le DSI doit faire et doit être :

  • il doit connaître les métiers,
  • il doit être le moteur de la transformation des processus,
  • il doit s’intégrer dans la gouvernance de l’organisation.

L’alignement stratégique du Système d’Information est une posture réactive, il faut, pour réellement innover, intégrer la dimension numérique dans la stratégie de l’entreprise.

Bernard Dubs, présenta ensuite Cap 2020, la vision stratégique pour l’entreprise, la fonction SI et le système d’information. Cette vision décrit l’évolution des organisations depuis les organisations verticales en silo de la révolution industrielle, en passant par les organisations matricielles de la fin du 20ème siècle pour se tourner vers les organisations en réseaux intégrant les parties prenantes.

Encore un peu de chemin à faire pour certaines organisations coincées dans le modèle en silo, n’imaginant les matrices que sous l’angle restrictif du fonctionnement client-fournisseur encadré par un contrat statique…

Passons à la démonstration organisée par la société De Gamma. J’avoue avoir écouté la présentation de la société d’une oreille distraite. Non pas que Gilles Martin soit un mauvais orateur, bien au contraire… Mais une société qui me parle de SOA, d’analyse de patrimoine applicatif, de qualité du code généré automatiquement… Je suis quand même surpris d’apprendre que la société est labellisé ANVAR, est dans le programme INRIA Transfert…

Passons à la démonstration disais-je… Jacques-Benoit Lebris, présente l’utilisation de la solution De Gamma sur le cas concret d’un centre d’assistance clients de Rhodia. Dans ce centre les personnels sont devenus polyvalents et doivent manipuler une dizaine d’applications verticales bâties sur des solutions progicielles (comme SAP par exemple). Cela conduit à des manipulations complexes entre les applicatifs, et il est évidement très difficile d’intégrer de nouveaux arrivants.

En première approche, l’évolution à minima des écrans d’une des solutions verticales est délicate, longue et couteuse…

La solution De Gamma va permettre, par la construction d’une nouvelle couche interface entre les applications verticales et l’utilisateur une évolution radicale. La construction de la solution s’est faite avec les utilisateurs par prototypages successifs sur une durée courte (6 semaines) et pour un coût réduit (rapport 10 par rapport à la transformation d’une seule des applications verticales). L’avantage est énorme, premièrement, on ne touche pas à des applications verticales robustes, deuxièmement, on peut adapter une nouvelle interface à chaque population d’utilisateurs et les faire évoluer très rapidement. En partant du constat que 80% des innovations vont à la poubelle (durée du projet trop importante, conjoncture, évolution du besoin…) il est encore plus essentiel de donner la possibilité aux métiers d’essayer des innovations, de nouvelles approches, le prototypage est donc un élément majeur d’un dialogue efficace avec les métiers de l’organisation. Cela pourrait être une piste intéressante pour l’adaptation de solutions verticales standardisées (Accord ou Chorus par exemple) aux différents métiers d’une grande « organisation » comme l’Etat ?

La conférence se terminait par une table ronde riche en interventions, je n’en retiendrais que deux.

La première est une réaction des intervenants à une question de la salle : « la conjoncture semble évoluer très négativement, les budgets d’innovation vont être coupés donc la solution présentée à peu de chance de décoller ».

La réponse est essentielle et va faire la différence entre les entreprises qui savent faire cela et les autres : « NON, c’est une idée reçue, une crise est le moment idéal pour innover ». L’innovation dans les métiers est encore plus essentielle dans les situations difficiles, Il ne s’agit pas de couper des budgets par département de l’entreprise, mais de conduire un arbitrage sur l’ensemble du portefeuille de projets de l’entreprise en s’interrogeant sur la valeur de chaque projet dans le nouveau contexte.

La deuxième est une interrogation d’un des participants de la table ronde sur les attentes des utilisateurs. Le constat est que les services de messagerie proposé par google sont plus performant que les services proposés en interne (accès mobile, capacité de stockage, recherche…), que les services proposés par les distributeurs de produits informatiques grand public comme Darty sont également plus performants (support, échange…). Il est alors peut-être temps pour l’entreprise de laisser ces services de commodité être réalisé par des acteurs spécialisés et que la DSI se consacre aux innovations dans les usages métiers ?