En retard au daily scrum

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Lors du ScrumBoat qui s’est déroulé le 26 juin 2013 à Paris, un ami m’a présenté 2 nouvelles recrues de sa société, 2 nouveaux « coach agile ». La conversation voguait sur quelques partages d’expériences assez classiques et arriva sur un sujet d’intérêt commun à ces 2 coachs :

Comment faire lorsque les personnes sont en retard au Daily Scrum ?

Le Daily Scrum est cette réunion quotidienne, ou mêlée quotidienne, d’une durée de 15 minutes maximum ou l’équipe, se tenant debout, partage de l’information sur ce qui a été fait la veille, sur ce qu’il est prévu de faire aujourd’hui et sur les obstacles identifiés ralentissant ou empêchant la progression de l’équipe. L’objectif de cette réunion au delà de la synchronisation, est d’avoir une boucle très courte permettant l’adaptation.

Aussi, mon premier réflexe lorsque la question du retard de personnes au daily scrum a été évoquée a été de demander pourquoi ils arrivaient en retard. Les réponses ne se sont pas fait attendre :

  • Elle : le daily est à 10h20, donc même avec plus d’une heure de transport, il n’y a pas de raison d’être en retard…
  • Moi : Oui je comprends, mais je me demande pourquoi ?
  • Lui : Il ne faut pas rentrer la dedans et demander pourquoi.

Ils ont ensuite évoqué les solutions qu’ils avaient mis en oeuvre.

Amende

Elle a choisi de mettre en place une amende pour sanctionner le retard : 1€ par minute de retard. Cette somme était au départ mise dans une cagnotte permettant à l’équipe de partager un verre en fin de semaine. Ce dispositif n’a pas fonctionné, en effet, en donnant un prix au retard, certains « achetaient » simplement leurs retards. Elle a donc adapté le dispositif pour ajouter à la sanction pécuniaire, une sanction complémentaire en disant la cagnotte ne profitera plus à l’équipe mais sera donnée à une autre équipe… que l’équipe n’apprécie pas.

Honte

Lui a choisi de punir les retardataires en faisant imprimer sur un tee-shirt rose fluo « kick me, I was late at the daily ». Les retardataires doivent porter ce tee-shirt toute la journée lorsqu’ils sont en retard.

Moi : C’est intéressant…

J’avoue ne pas avoir trouvé les mots pour tenter d’expliquer qu’ils me semblaient faire fausse route. Que si ils semblaient avoir mis en oeuvre les pratiques agiles comme la réunion quotidienne, les valeurs et les principes agile étaient absents.

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Cela confirme bien sur que la modification du « système » par l’introduction de nouvelles pratiques, n’a pas nécessairement d’impact sur le mode de pensée qui avait créé le système au départ. Et que sans modification du mode de pensée, le système dériverait vers un système proche de celui initialement à l’oeuvre.

La performance est directement lié au système mis en oeuvre. Agir sur le système sans agir sur le mode de pensée qui l’a créé n’aura pas d’impact durable sur la performance du système.

Et vous, qu’est-ce que vous inspire cette histoire ?

 

La photographie de bateaux en papier est de Marja Flick-Buijs

La 5ème discipline

C’est à nouveau un ouvrage assez ancien qui va alimenter cette rubrique  » livre « . La 5ème discipline est un livre de Peter Senge paru pour la première édition en 1990.

La dernière réédition en anglais de cet ouvrage est bien disponible sur Amazon, alors que la version en français est disponible à un tarif quelque peu prohibitif (300 € à l’heure ou j’écris ces lignes).

Selon cet ouvrage, sous titré : « L’Art et la Manière des Organisations qui Apprennent », les 5 disciplines sont :

  • La maîtrise personnelle, vue comme une discipline pour améliorer de façon continue sa façon de clarifier et d’approfondir sa vision, de focaliser son énergie, de développer sa patience, et de voir la réalité objectivement.
  • Le questionnement des modèles mentaux, qui sont les suppositions enfouies, les généralisations ou mêmes les images qui influencent la façon dont nous comprenons le monde et comment nous agissons.
  • Construire une vision partagée est une pratique qui permet de faire émerger des images partagées du futur en mesure de produire un engagement véritable plutôt que de la conformité.
  • L’apprentissage en équipe qui commence par le dialogue, et est la capacité des membres de l’équipe à mettre de coté leurs suppositions et à entrer dans une véritable réflexion collective.
  • La pensée systémique (Systems thinking) qui est la 5ème discipline qui à la fois, nécessite et vient intégrer les 4 premières.

A la lecture du livre, vous comprendrez facilement le moteur d’Ayeba et ce que nous entendons par le « la soif d’apprendre » le slogan figurant sur le logo, qui nous défini.

De façon curieuse, pas de page pour Peter Senge sur la version française de Wikipedia (je viens de la créer en traduisant l’introduction à partir de la version anglaise).

On trouve malgré tout de nombreuses ressources sur Internet en français, parmi lesquelles :

Freedom from Command and Control

Freedom from Command & Control: Rethinking Management for Lean Service est donc le 5ème livre de la sélection du blog. Cet ouvrage de John Seddon, fondateur de Vanguard est présenté comme l’application du système Toyota dans les services.

Cet ouvrage présente une approche du Systems Thinking dans les services. En partant des enseignements de Deming, et des travaux de Ohno chez Toyota. John Seddon explique comment transposer cette façon de penser aux services, en l’illustrant avec de nombreux exemples.

Le chapitre 8 (est-ce que cela tient l’eau ?) présente les différentes « modes » qui ont été employé comme « solutions » aux problèmes des organisations : ISO9000, Excellence opérationnelle, Balanced Scorecard, Knoloedge management, 6 sigma… et bien sur l’utilisation de l’informatique…

Le chapitre 9 présente les outils labellisé « Lean » et leur application dans l’industrie : 5S, Value Stream Mapping (VSM),  Takt Time, Poka Yoke… Et bien sur une façon d’appliquer la façon de penser ayant conduit à la création de ces outils aux services.

A lire donc pour changer votre façon de penser le management des organisations, votre façon de penser le travail…

Je vous recommande aussi de regarder la vidéo de l’intervention de John Seddon lors de Lean Kanban Europe : It’s the system stupid!

Les précédents livres sont icihttp://alexis.monville.com/category/livre/

Thinking in Systems

On attaque le 4ème mois, et donc voici le 4ème livre de la sélection pour cette année : Thinking in Systems est un livre de Donella Meadows paru en 2008. Donella Meadows est morte en 2001 avant d’avoir pu terminé cet ouvrage dont le premier brouillon circulait informellement depuis 1993.

Ce livre indispensable permet de comprendre les fondamentaux du systems thinking.

La première partie décrit la mécanique des systèmes au travers d’exemples simples. La seconde partie montre pourquoi les systèmes fonctionnent si bien, pourquoi ils nous surprennent, quels sont les pièges et les opportunités.

La dernière partie présente comment créer un changement, quels sont les leviers permettant de mettre en oeuvre une transformation.

A lire donc… Et ce n’est même pas une blague !