Revenu de Vie

Le Centre des Jeunes Dirigeants a publié en novembre 2011 Objectif Oikos, un livre blanc pour mettre l’économie au service de la vie. Ce livre blanc contient 12 propositions pour 2012 destinées à interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

Parmi ces propositions, la mise en place d’une allocation universelle (un revenu de vie), une allocation versée à toute personne sans conditions.

Finalement, en termes de redistribution, nous proposons de réaliser enfin la grande synthèse de tous les mécanismes hérités de décennies de mise en place de l‟État-Providence. Remplaçons l‟accumulation actuelle de mécanismes partiels par un outil unique, simple et efficace, dont le fonctionnement est compréhensible par tous. Donnons à chacun, sans aucune condition, les moyens minimaux d‟une existence digne. Le principe de cette redistribution rénovée est simple : que chacun reçoive selon ses besoins vitaux ; que chacun contribue selon ses capacités.
Nous proposons ainsi que chaque adulte reçoive une somme de 400 euro tous les mois, la moitié pour les mineurs. Cette allocation universelle (AU), inconditionnelle, versée systématiquement à chacun, de la naissance à la mort, est le meilleur moyen d‟éliminer tout risque d‟extrême pauvreté. La quatrième partie précise comment nous envisageons de mettre en œuvre cette proposition.
La misère n‟est pas tolérable. Éradiquons-la, maintenant !

Une nouvelle occasion de vous encourager à signer l’appel pour le revenu de vie !

Et de prendre connaissance de quelques éléments d’informations :

Lift11 : deuxième jour

Tiffany St James débutait cette deuxième journée de Lift en proposant un plan d’action pour créer de l’engagement au sein des communautés en ligne. Plan d’action que je pourrais résumer en disant, il faut s’engager dans une réelle conversation et quitter le mode de communication unidirectionnelle classique.

Chris Heatcote poursuivait cette session sur les communautés en ligne, pour évoquer les communautés invisibles. Les communautés qui utilisent l’Internet comme support mais ne sont pas sur le web, ou pas visible sur le web, elles peuvent par exemple utiliser des applications mobiles, mais n’ont pas de site web. Des communautés qui permettent aux personnes de faire ce qu’elle préfèrent : parler de leur sujet d’intérêt.

Azeem Azhar abordait la question de la réputation en ligne et suggérait que nous allions nous orienter vers une « monnaie universelle » de réputation, qui dépasserait les évaluations locales à un outil, comme les recommandations de linkedin, ou les évaluations d’ebay. Cela m’a évidement fait penser aux whuffies de Cory Doctorow, concept d’évaluation de réputation développé ensuite par Tara Hunt.

Memi Beltrame, pour la session Open Stage, présentait Artypedia.org, un site présentant des définitions de l’Art que je vous laisse découvrir : http://artypedia.org

Steve Portigal introduisait une nouvelle session sur les modèles d’innovation en interrogeant la façon dont nous collectons les besoins et concevons les solutions. Il proposait une approche permettant de détecter des besoins réels et de pouvoir y répondre. Aller sur le terrain, regarder ce que les gens font, et leur proposer des solutions extrêmes pour analyser comment ils répondent à ces solutions pour comprendre ce qui est réellement important pour eux.

Nick Coates poursuivait cette session pour parler de ce qu’est la co-création. Une présentation très riche présentant 6 principes de la co-création : pas de spectateur, diversité, humilité, implication des utilisateurs, taille du groupe, la réponse n’est pas déjà là. Les 3Cs : Créativité, Collaboration, Contrôle.

Thomas Sutton terminait cette session par une intervention sur l’innovation ouverte (open innovation) présentant comment innover avec ses utilisateurs.

Il était temps pour un break 😉 et c’est le déjeuner ! On a parlé jeux vidéos et j’ai appris des tas de choses étonnantes sur les approximations mathématiques et sur les simulations !

Steffen Walz débutait l’après-midi en chantant le titre de sa présentation sur la gamification. Bien différente de la pointification que l’on rencontre plus souvent. Il recommande de revenir au racine des jeux pour concevoir des jeux utilisables dans différents environnements.

Retour à l’analogique (et au français) avec Etienne Mineur qui produit des livres papiers mêlant principes des jeux vidéos et interface papier. Il a présenté également des jeux sur interface tactile avec des pions physiques, ou l’inverse des jeux physiques ou le pion est un téléphone. Passionnant ! A découvrir sur les éditions volumiques : http://www.volumique.com/fr/

Une bonne pause après les jeux et on enchaine avec la monnaie…

Brian Solis ouvrait cette session avec les devises sociales (social currencies). Sa présentation est avant tout une mise en garde sur la mesure de notre « crédit social » à nos dépens, utilisé pour mesurer le risque de défaillance pour un pret, ou pour évaluer si l’on est digne d’être embauché… Il propose alors de prendre conscience de cette mesure et de la tourner à notre profit pour décider de ce que l’on partage pour augmenter notre « crédit social »… Les mesureurs : klout ou peerindex par exemple.

Philippe Gendret développait l’évolution de la monétisation des publications : journaux, magazines, livres en fonction des usages et des supports de lectures. Face à cette grande variété, ils envisagent d’offrir des prix et des fonctionnalités différentes en fonctions des usages, depuis le mobile, en passant par les e-ink reader, les tablettes tactiles jusqu’au ordinateurs personnels.

Simon Redfern, que nous avions fait (avec Ayeba) intervenir lors de la session FlossVision lors de l’édition 2010 de l’OpenWorldForum, il présentait le projet OpenBank, destiné à éliminer la corruption sévissant dans les institutions par une transparence absolue du fonctionnement pour les ONG et les entreprises recevant du financement public, et une transparence réglable pour les entreprises et les particuliers.

Yuri Suzuki, prenait la suite pour une session open stage, et présentait ses créations de design pour les dyslexiques et particulièrement de musique pour les dyslexiques qui ne peuvent lire les partitions, ce qui a donné lieu au Color Chaser qui suit une ligne noir et joue un son lorsqu’il rencontre une couleur.

Les illustrations sont réalisées en direct par Strategic Illustration : Elisabeth Auzan, Sarah Clark et Sabine Soeder et c’est véritablement impressionnant !

Revenu de Vie

Avez-vous déjà entendu parler du Revenu de Vie ? Peut-être êtes-vous déjà signataire de l’Appel pour un Revenu de Vie ? Peut-être avez-vous envie d’en savoir plus avant de vous engager dans la promotion de cette évolution de notre société ?

Qu’est-ce que le Revenu de Vie ?

L’idée du Revenu de Vie est simple. Elle consiste à considérer que le droit à la vie est le droit le plus important. Et donc, elle consiste à verser à tous les citoyens un revenu de sa naissance à sa mort qui lui permet de vivre décemment.

Est-ce possible ?

La première question que l’on me pose généralement lorsque je parle du Revenu de Vie est : Cela couterait très cher, comment le financerais-tu ? La France étant la 5ème économie mondiale en PIB, la 8ème en terme de développement humain, cela doit être possible. La France comptant 8 millions de pauvres, ce n’est pas seulement possible c’est indispensable. Pour connaitre le coût total de l’opération, il faudrait définir le montant de ce revenu et trouver le moyen le plus économique pour le verser aux 65,1 millions d’habitants du pays. A 1000 € par mois par exemple, cela représenterait 65 Mds € par mois ! A titre de comparaison, les dépenses annuelles consacrées à la protection sociale aujourd’hui représentent environ 30 % du PIB soit environ 600 Mds €… Même en imaginant que ce revenu puisse se substituer à de nombreuses prestations sociales, il faudra un peu d’imagination pour réaliser le financement. A voir ici une simulation des revenus disponibles.

Et puis, il y a des personnes qui n’en auraient pas besoin et qui en profiteraient quand même ?

Cette deuxième question est posée presque à chaque fois ! La fraude est systématiquement associée aux prestations sociales voir par exemple la Fraude aux allocations familiales. Un des avantages du Revenu de Vie est qu’il ne pourrait y avoir de fraude puisqu’il est versé à tous et sans conditions. Pas de fraude, pas de contrôle, c’est aussi une source importante d’économie !

Mais que feraient les gens ? Ils n’auraient plus envie de travailler ?

En effet, notre rapport au travail serait probablement transformé par cette évolution. Pour savoir ce que pourraient faire « les gens », vous pouvez par exemple lire l’article de Courrier International sur la mise en place du Revenu Minimum Garanti en Namibie. Le fait de ne pas travailler n’est pas nécessairement de la paresse… mais peut-être simplement le fait qu’il n’y a pas de travail. Le revenu de vie a un impact sur la demande et sur la production car il libère les possibilités d’initiative. Et l’expérience de la Namibie montre l’impact extrêmement positif en termes de santé, d’éducation, de baisse de la criminalité et de réduction la pauvreté et en terme de création d’activité.

J’espère que ces premiers éléments vous auront donné envie d’en savoir plus, de contribuer à la promotion de cette approche et de contribuer à la réflexion pour permettre rapidement sa mise place !

Sources :

Appel pour le revenu de vie

Le Revenu de Vie sur Twitter et Identica

Les miracles du Revenu Minimum Garanti

Fraude aux allocations familiales

Allocation Universelle

Social Innovation

Le samedi 26 juin de 13h à 19h à la Cantine, à Paris se tiendra le Social Innovation Barcamp.

La Cantine, située 151 rue Montmartre, passage des panoramas, 75002 PARIS, pour plus d’informations, consultez le site http://lacantine.org.

Au-delà du PIB le bonheur ?

Je reprends ici le titre de l’analyse de Marine Boisson, Département Questions sociales et Céline Mareuge, Département des Affaires économiques et financières, du Centre d’analyse stratégique parue dans la note de veille numéro 91, datée de février 2008.

En cette semaine du développement durable, plusieurs voix s’élèvent pour interroger les indicateurs utilisés pour les décisions politiques. Le plus connu de ces indicateurs, celui qui est invoqué le plus régulièrement est le PIB, ou Produit Intérieur Brut, dont la Croissance nous apportera implicitement le bonheur.
Le résumé proposé par les auteurs de cette note est :
« L’adage populaire selon lequel « l’argent ne fait pas le bonheur même s’il y contribue » s’est trouvé confirmé depuis une trentaine d’années par les enquêtes montrant une dissociation relative entre progressions du niveau de vie et de la satisfaction des individus. Il s’en est suivi un foisonnement d’indicateurs alternatifs au produit intérieur brut, censés être plus aptes à mesurer le « vrai » progrès et à guider les politiques publiques. Toutefois, amender ou compléter le PIB, dont la cohérence reste avérée, n’est pas si aisé. Cette note montre les difficultés rencontrées, les choix explicites ou sous-jacents à cette entreprise, que même les approches objectives, y compris la neuroéconomie, ne peuvent éviter. »

Les indicateurs alternatifs évoqués dans la note sont par exemple ceux du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), comme l’IDH (Indice de Développement Humain), IPH (Indice de Pauvreté Humaine). Une liaison avec des indicateurs de mesures des inégalités puisque comme le remarquait dés les années 20, le créateur de l’ancêtre du PIB, l’apport de revenu complémentaire à un impact très différents en fonction du revenu initial (en caricaturant si Bill Gates gagne 10000 euros de plus, il ne le remarquera pas… alors que pour la plupart de nos concitoyens etc…).

Et pour vous donner envie de lire cette note, j’extrais un autre élément de la conclusion :
« La question du point de vue collectif ne serait pas tant de garantir un droit au bonheur qu’une organisation qui favorise sa poursuite. Une vision sociale positive pour le XXIe siècle est notamment offerte par la théorie des « capabilités », développée par Amartya Sen et relayée par un nombre croissant d’acteurs institutionnels (PNUD, Commission européenne, OCDE, etc.). »

En avant donc pour une amélioration continue équilibrant les trois composantes du développement durable : Environnement, Social et Economie.

http://www.strategie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=12