Véhicules autonomes et revenu de base

D’ici 10 à 15 ans, les véhicules autonomes seront une réalité de notre monde. Cela signifie que le transport de personnes ou de biens sera effectué par ces véhicules autonomes. Les conséquences positives sont nombreuses et seront mises en avant par les fabricants et fournisseurs de service, comme la possibilité de commander un véhicule depuis votre téléphone ou votre ordinateur, la possibilité de supprimer les feux au carrefour, moins (ou plus du tout) de bouchons ou d’accidents.

Nous avons déjà pu constater qu’avec l’émergence de service comme Uber ou d’autres permettant de commander une voiture avec chauffeur, le marché avait été fortement perturbé. Imaginez juste un instant que la voiture que vous commanderez avec Uber sera une voiture auto-pilotée dans quelques années.

Dans un article publié sur Medium, Tanay Jaipuria, questionne les décisions qui seront prises lors de la programmation de ces robots. Isaac Asimov a couvert de nombreux cas dans ses romans, maintenant il s’agit de la réalité…

Une des conséquences de ces véhicules auto-pilotés sera l’emploi de millions de personnes qui sont aujourd’hui conducteurs de véhicules (taxi, camions…). Ce n’est pas simple de trouver le nombre exact de personnes faisant ce métier dans le monde. Comme il y a plus de 3,5 millions de conducteurs de camions aux Etats-Unis et qu’il y a environ 50% de plus de camions enregistrés en Europe et en Asie, je suppose qu’il y a encore plus de chauffeurs dans ces zones.

Des millions de personnes sans emploi qui ne retrouveront pas si facilement que cela une activité.

Nous pouvons dire (ou penser) que ce n’est ni notre faute, ni notre responsabilité. Je crois que nous devrions prendre en considération ce problème et mettre dès à présent en place un revenu de base inconditionnel pour toutes les personnes, ce qui leur permettrait d’avoir le temps d’avoir une activité à leur mesure, quelle qu’elle soit.

Le revenu de base est un revenu inconditionnel versé à tous sur une base individuelle, sans conditions de ressources, ni de travail. Plus d’information ici.

Lift11 : troisième jour

Hasan Elahi, a été arrêté en 2002 à son retour aux Etats-Unis et suspecté d’être un terroriste… A partir de ce moment, même une fois qu’il a été démontré qu’il n’était pas un terroriste, il devait informer le FBI de tout ses déplacements. Il a alors décidé, de rendre ces informations publiques sur l’intégralité de ces déplacements, de ces appels téléphoniques, de ces dépenses par carte bancaire… etc… une prise de conscience sur les traces que nous laissons… http://trackingtransience.net/ un démarrage très puissant pour les conférences de cette troisième journée de Litf11.
Marcel Kampman, est venu présenter le projet Dream School, mené près d’Amsterdam (projectdreamschool.org), le projet est de créer la meilleure école pour les Pays-Bas et non la meilleure école des Pays-Bas. Les sources d’inspiration sont par exemple Ken Robinson. Les outil et méthodes sont publiés et disponibles librement. Le projet va conduire à la création d’une nouvelle école, fusion de trois écoles, et comptera 3000 étudiants et 300 professeurs.
Tara Shears, a pris la suite pour parler des recherches menées au CERN grâce au LHC (Large Hadron Collider) qui permettront d’identifier les incohérences dans les théories actuelles sur le comportement des particules.
Attila Bujdoso concluait cette matinée avec la session Open Stage, pour nous parler de remixer l’architecture. L’objectif étant de dépasser le mode de fonctionnement quasi solitaire de l’architecte pour permettre une co-création à plusieurs architectes. Cette question ouvre alors des questions sur les droits associés à cette création. Le projet RemixArchitecture propose d’appliquer les principes du logiciel libre à l’architecture et envisage des publications sous licences CreativeCommons : remixarchitecture.org
C’est l’heure de la pause pour le déjeuner, avec une bonne discussion sur les liens entre coworking, innovation et développement économique, une bonne dose de motivation pour faire aboutir le projet de coworking à Bordeaux !
Kevin Slavin ouvrait l’après-midi pour parler des algorithmes qui nous gouverne. Il a adopté une approche très pédagogique qui permettait de comprendre aisément son propos en partant des débuts de la détection de l’approche des avions, grâce à des amplificateurs acoustiques… pour pouvoir les détecter de plus loin, car il devenait plus rapide, on fait ensuite appel à des radars, ce qui conduit à concevoir des avions indétectables… jusqu’à ce qu’ils deviennent détectables, grâce à de nouveaux algorithmes, et c’est le crash. Une fois le point fait sur le développement d’une boucle détection/dissimulation, Kevin Slavin fait le parallèle avec le mouvement de capitaux, la volonté de certaines banques de dissimuler leurs mouvements de capitaux en divisant en petits montants, générés par des algorithmes les rendants indétectables, des transactions très importantes, qui auraient dans le cas ou elles seraient détectées un fort impact sur le cours, ont conduit d’autres acteurs à appliquer des algorithmes de détections… et à s’approcher des noeuds d’interconnexion des réseaux pour réduire au plus court leurs temps d’intervention sur les marchés. Ces mécanismes ou on laisse la main à des algorithmes pour multiplier les transactions sur les marchés conduisent parfois au crash et amène les marchés à perdre 10% d’un cout avec des transactions aberrantes à moins d’1 cent ou plus 100 000 $ pour certains titres.
Kevin Slavin citait également le cas de la production cinématographique qui utilisent les appréciations des utilisateurs des réseaux de locations ou de VOD pour déduire les films que les gens vont aimer dans le futur… ce qui constitue le cahier des charges de prochains films. L’étape suivante pour les traders sur les marchés financiers est d’opérer au sein de dark pools marchés opaques ou les algorithmes n’ont pas leur place (ni personne d’ailleurs). Une excellente intervention !
Vlad Trifa venait ensuite parler de l’Internet des objets. Le web que l’on connait a pu exister car on pouvait s’appuyer sur un standard commun, l’absence de standard ne permet pas aujourd’hui l’émergence d’un Internet des objets. Vlad Trifa encourageait alors à adopter un standard commun pour développer l’accès aux objets et ainsi pouvoir les utiliser à partir de différentes interfaces : niwea.
Sabine Hauert vient ensuite nous convaincre des bienfaits de la robotique qui est là pour nous faciliter la vie, l’exemple de l’aspirateur, du bras artificiel articulé pour une personne ayant subi une amputation, les automobiles se conduisant seules (élimination des accidents) et le robot qui s’occupe du linge à la maison du panier de linge salle au placard. La robotique peut également nous permettre de travailler mieux, avec les robots de telepresence, les entrepots automatiques, nous permettre d’explorer de nouveaux possibles, comme créer un réseau de communication avec des mini robots avions, ou se lancer dans l’exploration sur terre ou dans l’espace.
Sabine Hauert évoquait également les challenges, la préhension avec le développement de système de préhension universelle… et elle m’a définitivement fait peur en envisageant un Internet pour robots leur permettant de partager leurs connaissances et de s’apprendre mutuellement de nouvelles connaissances… Elle ne me rassurait pas vraiment en évoquant l’absence de cadre légal et la compléxité d’en adopter un (I fought the law…) et les questions d’éthique… et à ce moment à l’écran le robot était un fusil, on est plus prêt de Terminator que d’Asimov. Une question a été posée sur l’impact sur l’emploi et une réponse sur les robots feront les emplois que l’on ne veut pas faire… Et j’ajouterais que comme nous aurons un revenu de vie, cela ne sera pas si important qu’aujourd’hui !
La session Open Stage revenait à Caecilia Charbonnier qui présentait la capture des mouvements d’une danseuse et   la reproduction de ces mouvements en temps réel.
Après la pause, la dernière session de Lift11 était consacrée à l’espace, Honor Harger présentait l’histoire de la radio astronomie, possibilité découvrete par hasard à la création du téléphone dont les fils faisait de parfaites antennes et générait un bruit de fond étonnant. Lucie Green présentait ensuite ses recherches sur le soleil. Jennifer Magnolfi présentait le programme de conception d’habitat spatial de longue durée, station spatiale en orbite ou base sur la Lune ou Mars. Elle pointait une approche de conception importante proposant d’inclure la possibilité d’improvisation de l’utilisateur dans la conception initiale (cette phrase est plus profonde qu’il n’y parait…).
Cette session sur l’espace était conclue par l’astronaute Claude Nicollier qui a fait plusieurs sorties dans l’espace pour réparer le télescope Hubble (copie du slide sur les raisons du succès)
Retrouvez le programme de Lift11, les vidéos, les supports de présentation etc… sur le site : https://liftconference.com/lift11