UJUO sur Solutions Linux

Ce mercredi 11 mai à 11h00, la pédagogie de l’attention Un Jour Une Oeuvre sera présentée lors de la table-ronde : « La diversité dans le libre éducatif ».

Regardons Ensemble !


Un Jour Une Oeuvre est une aventure transposant l’approche collaborative pratiquée dans le monde du logiciel libre dans le but de permettre à chacun d’accéder à l’oeuvre d’art. En regardant ensemble, nous affinons nos regards, nous exerçons notre attention et nous pouvons nous libérer des conventions pour enfin accéder aux oeuvres.La présentation quotidienne d’une oeuvre d’art permet à chacun de s’exercer à l’attention véritable, et découvrir ce que les autres ont vus pour apprendre des similitudes et des différences.

Cette courte présentation sera suivie d’un débat avec la salle. Une occasion de tirer les liens entre l’accès à l’oeuvre, l’approche collaborative du logiciel libre et l’éducation.

Demandez votre badge pour venir sur le salon du libre au CNIT Paris la défense participer à la discussion.

Menottes numériques

Des menottes numériques ? Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Pourquoi donc faire référence à des menottes pour parler des DRM (Digital Rights Management) soit gestion des droits numériques.

Mais de quel droit parle-t-on ? Le droit de l’auteur, de l’ayant-droit ou celui de l’utilisateur ? A moins que ce ne soit le droit du censeur ?

Ces dispositifs de contrôle d’usage que la loi interdit de contourner depuis 1996 empêchant ainsi la lecture de certaines oeuvres numériques (livre, musique, film) sur des ordinateurs équipés de logiciel libre font l’objet d’une excellente synthèse publiée par l’April dont je vous recommande la lecture.

Turn freedom on

Eben Moglen a donnée la keynote de cloture de la première journée de l’OpenWorldForum le 30 septembre 2010.

La liberté était le thème principal de l’adresse d’Eben Moglen.

La liberté apportée par les travaux du mouvement pour le logiciel libre qui a réussi à mettre de la liberté dans de nombreuses machines pour l’offrir à leurs utilisateurs. C’est également la liberté d’apprendre qui permet de libérer de nombreuses personnes.

Eben Moglen s’inquiétait ensuite du dévoiement du réseau Internet, conçu au départ comme un réseau de pairs à pairs qui au fil des années est devenu un réseau de plus en plus centralisé avec des serveurs et des clients. Serveurs détenant les informations personnelles des utilisateurs devenues consommateurs d’informations distribuées par des serveurs au travers de lignes aux débits asymétriques.

500 millions de personnes laissent toutes les informations de leurs vies être collectées dans une grande base de données qui va être exploitée pour le profit d’un fou

Cette phrase d’Eben Moglen apparaitra sur twitter de nombreuses fois lors de la keynote. Le dévoiement du réseau Internet par rapport à sa conception originale peut être corrigé en replaçant les informations de chaque utilisateurs sur leurs serveurs personnels. Ces informations personnelles, ils pourront décider de les partager avec leurs pairs (leurs amis) et avec personne d’autre et bien sur personne ne pourra plus disposer d’une base de données centralisées contenant toutes les données de tous.

C’est cette inquiétude pour la liberté des individus qui a été l’initiateur du projet gnu social, déjà proposé dans des serveurs Foo Plug et qui va donc nous permettre de reprendre en main nos données.

A lire :

La révolution du logiciel libre

Richard Stallman et la révolution du logiciel, une biographie autorisée, par Sam Williams, Richard Stallman et Christophe Masutti à l’origine du projet de traduction.

La construction de l’ouvrage à deux voix est très intéressante, le point de vue de Sam Williams est en effet pondéré tout le long de l’ouvrage par des interventions de Richard Stallman précisant certains aspects ou s’opposant à certaines interprétations.

J’avais mis ce livre dans ma pile de l’été sans grand enthousiasme, en imaginant abandonner rapidement la lecture pour autre chose… Et finalement, j’ai lu le livre rapidement, découvert de nombreuses choses de l’histoire du logiciel libre qui m’éclaire sur la situation actuelle et le chemin restant à parcourir.

Un livre passionnant que je vous recommande chaudement !

Le livre est disponible en format papier ou dans de nombreux formats numériques… même dans un format permettant aux possesseurs d’iPhone et d’iPad de le lire…

Ethique du numérique

Ce mercredi 7 juillet, j’étais invité (avec une bonne centaine d’autres) à un atelier participatif : « Qu’est-ce qu’une loi 2.0 ? ».

Cette réunion était organisée par les parlementaires UMP pour prolonger les travaux du rapport Vive internet ! Liberté et règles dans le monde numérique. La parole est donnée sur le site Ethique du numérique http://www.ethique-du-numerique.fr comme il a été rappelé avec fermeté à la représentante de Vivendi regrettant de ne pas avoir été auditionnée pour la constitution du rapport…

Jean-François Copé a ouvert les débats en posant quelques questions sur le rôle du législateur, suivant 3 axes : régulation d’un Internet sans frontière, rôle du législateur vis à vis d’un domaine en évolution technologique très rapide (plus rapide que d’écrire une loi en 18 mois), usage de l’Internet en s’interrogeant sur la gratuité et les tentatives de monétisation.

Jean-François Copé a justifié l’approche participative de cet atelier par un méa culpa partiel sur Hadopi en expliquant qu’ils avaient été « maladroits » mais que cela était basé sur des « bons sentiments »…

Les interventions des gestionnaires de droits d’auteurs et des producteurs montrent qu’ils semblent toujours croire, à l’instar de Franck Riester, à la possibilité que Hadopi puisse avoir une efficacité réelle et semble négliger l’effet de bord indésirable d’un cryptage global de toutes les transactions des internautes…

Les députés Hervé Mariton, Laurence de La Raudière, Lionel Tardy et Franck Riester (qui quittera rapidement les débats) ont ensuite animé les débats suivant 3 thèmes :

  • Vie privée
  • Internet = Marché ?
  • Neutralité du Net

Sur le thème de la vie privée, on relève la méfiance envers le législateur, l’inquiétude sur la portée d’une législation au delà de nos frontières, la nécessaire action d’information et de formation sur la protection de données personnelles et la demande de reconnaissance de certaines données technique (IP…) ou données issues de croisement de données ou analyse d’action comme des données personnelles pour freiner les analyses croisées et le profilage…

Sur le thème : Internet est-il un marché comme les autres ? la question des monopoles sur Internet et de leur extension à d’autres marchés a donné lieu à des questionnements sur les moyens d’actions. L’exigence d’interopérabilité et d’ouverture des formats de données en est un essentiel. Les initiatives sur l’ouverture des données à travers le monde ont été abondamment cité pour encourager nos parlementaires à dépasser la vision étriquée actuellement en cours en France sur l’ouverture de l’usage des données publiques (#opendata).

Sur le thème de la Neutralité du Net, il a été rappelé que si nous disposions aujourd’hui d’Internet c’est parce qu’il avait été créé libre et ouvert et que l’initiative était possible sans demander de permission à personne. Les arguments de disponibilités de bande passante ou de création artificielle de marché par une différentiation des services n’apparaissent pas comme recevable par les députés qui veulent légiférer en decembre-janvier sur ce thème. Ce sera sans doute la fin de l’utilisation de technologies mettant à mal cette neutralité comme l’inspection des paquets d’informations (Deep packet inspection) permettant ces différentiations et ouvrant la voie à des possibilités de surveillance, de manipulation et de censure… Une consultation sur la Neutralité du Net vient d’être lancée par la commission européenne.

L’initiative de cet atelier participatif est intéressante, et veut semble-t-il tirer les enseignements du peu de concertation ayant eu lieu sur les précédentes législation (DADVSI, HADOPI, LOPSSI…). J’aurais préféré une initiative qui aille au delà d’un groupe parlementaire et j’espère que les contributions des associations comme l’APRIL et La Quadrature du Net permettront d’améliorer notre législation.

Revenu de Vie

Avez-vous déjà entendu parler du Revenu de Vie ? Peut-être êtes-vous déjà signataire de l’Appel pour un Revenu de Vie ? Peut-être avez-vous envie d’en savoir plus avant de vous engager dans la promotion de cette évolution de notre société ?

Qu’est-ce que le Revenu de Vie ?

L’idée du Revenu de Vie est simple. Elle consiste à considérer que le droit à la vie est le droit le plus important. Et donc, elle consiste à verser à tous les citoyens un revenu de sa naissance à sa mort qui lui permet de vivre décemment.

Est-ce possible ?

La première question que l’on me pose généralement lorsque je parle du Revenu de Vie est : Cela couterait très cher, comment le financerais-tu ? La France étant la 5ème économie mondiale en PIB, la 8ème en terme de développement humain, cela doit être possible. La France comptant 8 millions de pauvres, ce n’est pas seulement possible c’est indispensable. Pour connaitre le coût total de l’opération, il faudrait définir le montant de ce revenu et trouver le moyen le plus économique pour le verser aux 65,1 millions d’habitants du pays. A 1000 € par mois par exemple, cela représenterait 65 Mds € par mois ! A titre de comparaison, les dépenses annuelles consacrées à la protection sociale aujourd’hui représentent environ 30 % du PIB soit environ 600 Mds €… Même en imaginant que ce revenu puisse se substituer à de nombreuses prestations sociales, il faudra un peu d’imagination pour réaliser le financement. A voir ici une simulation des revenus disponibles.

Et puis, il y a des personnes qui n’en auraient pas besoin et qui en profiteraient quand même ?

Cette deuxième question est posée presque à chaque fois ! La fraude est systématiquement associée aux prestations sociales voir par exemple la Fraude aux allocations familiales. Un des avantages du Revenu de Vie est qu’il ne pourrait y avoir de fraude puisqu’il est versé à tous et sans conditions. Pas de fraude, pas de contrôle, c’est aussi une source importante d’économie !

Mais que feraient les gens ? Ils n’auraient plus envie de travailler ?

En effet, notre rapport au travail serait probablement transformé par cette évolution. Pour savoir ce que pourraient faire « les gens », vous pouvez par exemple lire l’article de Courrier International sur la mise en place du Revenu Minimum Garanti en Namibie. Le fait de ne pas travailler n’est pas nécessairement de la paresse… mais peut-être simplement le fait qu’il n’y a pas de travail. Le revenu de vie a un impact sur la demande et sur la production car il libère les possibilités d’initiative. Et l’expérience de la Namibie montre l’impact extrêmement positif en termes de santé, d’éducation, de baisse de la criminalité et de réduction la pauvreté et en terme de création d’activité.

J’espère que ces premiers éléments vous auront donné envie d’en savoir plus, de contribuer à la promotion de cette approche et de contribuer à la réflexion pour permettre rapidement sa mise place !

Sources :

Appel pour le revenu de vie

Le Revenu de Vie sur Twitter et Identica

Les miracles du Revenu Minimum Garanti

Fraude aux allocations familiales

Allocation Universelle