Revenu de Vie

Le Centre des Jeunes Dirigeants a publié en novembre 2011 Objectif Oikos, un livre blanc pour mettre l’économie au service de la vie. Ce livre blanc contient 12 propositions pour 2012 destinées à interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

Parmi ces propositions, la mise en place d’une allocation universelle (un revenu de vie), une allocation versée à toute personne sans conditions.

Finalement, en termes de redistribution, nous proposons de réaliser enfin la grande synthèse de tous les mécanismes hérités de décennies de mise en place de l‟État-Providence. Remplaçons l‟accumulation actuelle de mécanismes partiels par un outil unique, simple et efficace, dont le fonctionnement est compréhensible par tous. Donnons à chacun, sans aucune condition, les moyens minimaux d‟une existence digne. Le principe de cette redistribution rénovée est simple : que chacun reçoive selon ses besoins vitaux ; que chacun contribue selon ses capacités.
Nous proposons ainsi que chaque adulte reçoive une somme de 400 euro tous les mois, la moitié pour les mineurs. Cette allocation universelle (AU), inconditionnelle, versée systématiquement à chacun, de la naissance à la mort, est le meilleur moyen d‟éliminer tout risque d‟extrême pauvreté. La quatrième partie précise comment nous envisageons de mettre en œuvre cette proposition.
La misère n‟est pas tolérable. Éradiquons-la, maintenant !

Une nouvelle occasion de vous encourager à signer l’appel pour le revenu de vie !

Et de prendre connaissance de quelques éléments d’informations :

Dividende universel

Stéphane Laborde est intervenu lors de l’émission Symbiose sur radio libertaire diffusé sur dogmazic (faire un don ici) pour parler de son livre sur la théorie relative de la monnaie.

Une occasion également de comprendre ce qu’est la monnaie, qui permet de favoriser les échanges au dela du troc et les autres fonctions qui se sont ajoutées après…

Une occasion également de parler du projet Open Universal DigitalCurrency (Open-UDC) soit Projet de devise numérique universelle : http://www.open-udc.org/fr:start

De la monnaie…

La théorie relative de la monnaie de Stéphane Laborde explicite l’histoire de la monnaie depuis sa création jusqu’à nos jours et propose une nouvelle approche pour la création monétaire.

Le système monétaire 1.0, est celui à valeur de référence, l’or par exemple. Dans ce système la quantité physique d’or disponible défini la masse monétaire. Le manque de transparence dans la création de la monnaie et à propos de la quantité d’or disponible a conduit à des créations abusives de monnaie ou des raréfaction alors même que des échanges auraient été possibles entre les acteurs économiques.

Le système monétaire 2.0, est celui de l’argent-dette. La création de monnaie se fait par endettement d’un premier acteur, les banques, ce qui va permettre à d’autres acteurs économique de s’endetter auprès de ce premier. Cette inégalité dans la création monétaire favorisant une catégorie d’acteurs économiques au détriment de tous les autres conduit aux dysfonctionnements faisant notre quotidien et devenant criant à chaque «crise».

La solution a ces problèmes de références arbitraires ou d’inégalité devant la création monétaire est apportée par l’auteur par la proposition de mise en place d’un système monétaire 3.0. Dans le système monétaire 3.0, la création monétaire est continue et elle est distribuée entre tous : elle ne privilégie donc pas un acteur par rapport à un autre. Ce système exige une transparence dans la quantité de monnaie en circulation et dans la quantité de monnaie créée chaque année. Cette quantité est fixée en regard de l’espérance de vie, par exemple 5% pour une espérance de vie de 80 ans.

Dans le système 3.0, on ne peut prêter que ce que l’on a, et le taux d’intérêt ne peut en aucun cas être supérieur au taux de création de monnaie. Ceci semble une évidence puisque, dans le cas contraire, il n’y aurait pas assez de monnaie en circulation pour rembourser tous les prêts (capital + intérêt).

L’auteur propose alors deux approches pour une mise en place immédiate de ce système à dividende universel, ou à revenu d’existence.

Simple et efficace, cet ouvrage est à recommander à tous ! Vous pouvez le trouver sur : www.creationmonetaire.info

 

Mise à jour juin 2011 : sortie de la version 2.0

TVA à 100% ?

Avec un produit intérieur brut d’environ 2000 milliards d’euros et un budget cumulé de l’Etat, des collectivités territoriales et des comptes sociaux d’environ 1000 milliards d’euros, c’est en effet à 100% qu’il faudrait fixer le taux de TVA afin de faire de cette taxe le seul impôt prélevé en France.

TVA à 100%

La moitié du prix des produits consommés servirait à financer l’ensemble des dépenses publiques avec une répartition pour le niveau local que l’on pourrait imaginer basée sur le nombre d’habitant.

L’avantage principal d’un impôt sur la consommation est qu’il est payé par tout ceux qui vivent dans le pays et qu’il est très difficile d’y échapper. Le coût de collecte est très faible à la fois pour les services publics, pour les entreprises, et pour les particuliers. Le système est très simple et permet de mobiliser pratiquement toute l’énergie des services publics sur les prestations.

Les professionnels, comme les experts comptables par exemple, qui aujourd’hui doivent gérer cette complexité administrative, pourront se mobiliser sur une activité de conseil en gestion à forte valeur ajoutée pour les entreprises.

Plus d’impôt sur le travail

Cet impôt sur la consommation ne pèse pas sur une seule catégorie comme par exemple sur le travail avec les cotisations sociales. Il permet donc de réduire le coût du travail et ainsi encourage une fabrication locale, positive pour les personnes et la planète.

Illustration :

Pour un produit actuellement à 100 € hors taxe, et donc vendu 120 € TTC et qui à un coût de main d’oeuvre de 70% de la valeur du produit (soit 70 €).

Avec le passage à la TVA à 100% et la suppression des cotisations sociales, de l’IS et des diverses taxes, le cout de main d’oeuvre descend à 35 €, le coût hors main d’oeuvre peut descendre à 25€… ce qui nous donne un prix TTC de 120 €…

Injuste ?

Le problème posé par une augmentation de la TVA (même progressive) est que cet impôt est injuste puisque qu’il frappe en proportion plus ceux qui « consomment » l’intégralité de leur revenu que ceux qui ont la possibilité d’épargner une partie de leur revenu.

Afin de compenser cette injustice, il suffirait de choisir de verser à tous une somme égale pour tous, suffisante pour vivre : un revenu de vie.

Revenu de vie pour tous ?

Le versement à tous permet une fois de plus une simplification du système et permet d’éviter par construction toute fraude puisque tout le monde touche ce revenu de vie.

  • Une personne ne disposant d’aucun revenu toucherait donc le revenu de vie, par exemple 1000 €.
  • Une personne disposant d’un revenu de 1000 € toucherait donc le revenu de vie, soit 1000 € et disposerait donc de 2000 €.

Un revenu progressif pour les enfants ?

J’imagine que le revenu devrait être progressif pour les enfants afin de répondre à une inquiétude : « mais les gens feraient des enfants pour toucher 1000 € de plus par mois… ». Le revenu de vie pourrait être indexé linéairement sur l’age jusqu’à 20 ans, ce qui, toujours pour une hypothèse de revenu de vie à 1000 €, ferait 50 € par mois à partir de 1 an, 250 € par mois à 5 ans etc…

Le coût direct de la mesure reviendrait pour 65 millions d’habitant dont 25% ont moins de 20 ans à 680 milliards par an… ce qui suppose de mettre en oeuvre effectivement les économies permises par la simplification de la collecte des taxes et impôts et du versement des prestations.

J’imagine que les jeunes seraient moins nombreux à choisir de rester chez leurs parents (c’est aujourd’hui 18% dans les pays nordiques offrants de bonnes prestations pour les jeunes et 35% dans les pays du sud de l’Europe ne les offrants pas…)

Plus personne ne travaillerait ?

C’est à peu près ce que l’on me dit chaque fois que je parle du revenu de vie, et pourtant lorsque je pose la question directement : « est-ce que toi tu, tu arrêterais de travailler si l’on te donnait 1000 € par mois ? », la réponse est en général : « non pas moi, mais… ». En fait une étude a montré que 10% de la population active choisirait probablement la sieste… mais que c’est probablement ce qu’elle fait déjà aujourd’hui… et que pour 60% de la population active cela ne changerait rien… Ce ne sont que les 30 derniers % qui renégocieraient leur emploi actuel pour un meilleur salaire, pour reprendre des études, pour une activité à temps partiel…

Substitution à toutes les prestations sociales actuelles

Le revenu de vie se substituerait à toutes les prestations actuelles, RSA bien sur, allocations familiales, allocation logement, allocation chomage et allocation retraite. Cette substitution serait la plus délicate pour les plus haut revenus qui perdraient la différence entre les prestations versées actuellement et le revenu de vie. La transition serait donc probablement nécessairement progressive.

On commence maintenant ?

Pour aller plus loin :

Revenu de Vie

Avez-vous déjà entendu parler du Revenu de Vie ? Peut-être êtes-vous déjà signataire de l’Appel pour un Revenu de Vie ? Peut-être avez-vous envie d’en savoir plus avant de vous engager dans la promotion de cette évolution de notre société ?

Qu’est-ce que le Revenu de Vie ?

L’idée du Revenu de Vie est simple. Elle consiste à considérer que le droit à la vie est le droit le plus important. Et donc, elle consiste à verser à tous les citoyens un revenu de sa naissance à sa mort qui lui permet de vivre décemment.

Est-ce possible ?

La première question que l’on me pose généralement lorsque je parle du Revenu de Vie est : Cela couterait très cher, comment le financerais-tu ? La France étant la 5ème économie mondiale en PIB, la 8ème en terme de développement humain, cela doit être possible. La France comptant 8 millions de pauvres, ce n’est pas seulement possible c’est indispensable. Pour connaitre le coût total de l’opération, il faudrait définir le montant de ce revenu et trouver le moyen le plus économique pour le verser aux 65,1 millions d’habitants du pays. A 1000 € par mois par exemple, cela représenterait 65 Mds € par mois ! A titre de comparaison, les dépenses annuelles consacrées à la protection sociale aujourd’hui représentent environ 30 % du PIB soit environ 600 Mds €… Même en imaginant que ce revenu puisse se substituer à de nombreuses prestations sociales, il faudra un peu d’imagination pour réaliser le financement. A voir ici une simulation des revenus disponibles.

Et puis, il y a des personnes qui n’en auraient pas besoin et qui en profiteraient quand même ?

Cette deuxième question est posée presque à chaque fois ! La fraude est systématiquement associée aux prestations sociales voir par exemple la Fraude aux allocations familiales. Un des avantages du Revenu de Vie est qu’il ne pourrait y avoir de fraude puisqu’il est versé à tous et sans conditions. Pas de fraude, pas de contrôle, c’est aussi une source importante d’économie !

Mais que feraient les gens ? Ils n’auraient plus envie de travailler ?

En effet, notre rapport au travail serait probablement transformé par cette évolution. Pour savoir ce que pourraient faire « les gens », vous pouvez par exemple lire l’article de Courrier International sur la mise en place du Revenu Minimum Garanti en Namibie. Le fait de ne pas travailler n’est pas nécessairement de la paresse… mais peut-être simplement le fait qu’il n’y a pas de travail. Le revenu de vie a un impact sur la demande et sur la production car il libère les possibilités d’initiative. Et l’expérience de la Namibie montre l’impact extrêmement positif en termes de santé, d’éducation, de baisse de la criminalité et de réduction la pauvreté et en terme de création d’activité.

J’espère que ces premiers éléments vous auront donné envie d’en savoir plus, de contribuer à la promotion de cette approche et de contribuer à la réflexion pour permettre rapidement sa mise place !

Sources :

Appel pour le revenu de vie

Le Revenu de Vie sur Twitter et Identica

Les miracles du Revenu Minimum Garanti

Fraude aux allocations familiales

Allocation Universelle