TVA à 100% ?

Avec un produit intérieur brut d’environ 2000 milliards d’euros et un budget cumulé de l’Etat, des collectivités territoriales et des comptes sociaux d’environ 1000 milliards d’euros, c’est en effet à 100% qu’il faudrait fixer le taux de TVA afin de faire de cette taxe le seul impôt prélevé en France.

TVA à 100%

La moitié du prix des produits consommés servirait à financer l’ensemble des dépenses publiques avec une répartition pour le niveau local que l’on pourrait imaginer basée sur le nombre d’habitant.

L’avantage principal d’un impôt sur la consommation est qu’il est payé par tout ceux qui vivent dans le pays et qu’il est très difficile d’y échapper. Le coût de collecte est très faible à la fois pour les services publics, pour les entreprises, et pour les particuliers. Le système est très simple et permet de mobiliser pratiquement toute l’énergie des services publics sur les prestations.

Les professionnels, comme les experts comptables par exemple, qui aujourd’hui doivent gérer cette complexité administrative, pourront se mobiliser sur une activité de conseil en gestion à forte valeur ajoutée pour les entreprises.

Plus d’impôt sur le travail

Cet impôt sur la consommation ne pèse pas sur une seule catégorie comme par exemple sur le travail avec les cotisations sociales. Il permet donc de réduire le coût du travail et ainsi encourage une fabrication locale, positive pour les personnes et la planète.

Illustration :

Pour un produit actuellement à 100 € hors taxe, et donc vendu 120 € TTC et qui à un coût de main d’oeuvre de 70% de la valeur du produit (soit 70 €).

Avec le passage à la TVA à 100% et la suppression des cotisations sociales, de l’IS et des diverses taxes, le cout de main d’oeuvre descend à 35 €, le coût hors main d’oeuvre peut descendre à 25€… ce qui nous donne un prix TTC de 120 €…

Injuste ?

Le problème posé par une augmentation de la TVA (même progressive) est que cet impôt est injuste puisque qu’il frappe en proportion plus ceux qui « consomment » l’intégralité de leur revenu que ceux qui ont la possibilité d’épargner une partie de leur revenu.

Afin de compenser cette injustice, il suffirait de choisir de verser à tous une somme égale pour tous, suffisante pour vivre : un revenu de vie.

Revenu de vie pour tous ?

Le versement à tous permet une fois de plus une simplification du système et permet d’éviter par construction toute fraude puisque tout le monde touche ce revenu de vie.

  • Une personne ne disposant d’aucun revenu toucherait donc le revenu de vie, par exemple 1000 €.
  • Une personne disposant d’un revenu de 1000 € toucherait donc le revenu de vie, soit 1000 € et disposerait donc de 2000 €.

Un revenu progressif pour les enfants ?

J’imagine que le revenu devrait être progressif pour les enfants afin de répondre à une inquiétude : « mais les gens feraient des enfants pour toucher 1000 € de plus par mois… ». Le revenu de vie pourrait être indexé linéairement sur l’age jusqu’à 20 ans, ce qui, toujours pour une hypothèse de revenu de vie à 1000 €, ferait 50 € par mois à partir de 1 an, 250 € par mois à 5 ans etc…

Le coût direct de la mesure reviendrait pour 65 millions d’habitant dont 25% ont moins de 20 ans à 680 milliards par an… ce qui suppose de mettre en oeuvre effectivement les économies permises par la simplification de la collecte des taxes et impôts et du versement des prestations.

J’imagine que les jeunes seraient moins nombreux à choisir de rester chez leurs parents (c’est aujourd’hui 18% dans les pays nordiques offrants de bonnes prestations pour les jeunes et 35% dans les pays du sud de l’Europe ne les offrants pas…)

Plus personne ne travaillerait ?

C’est à peu près ce que l’on me dit chaque fois que je parle du revenu de vie, et pourtant lorsque je pose la question directement : « est-ce que toi tu, tu arrêterais de travailler si l’on te donnait 1000 € par mois ? », la réponse est en général : « non pas moi, mais… ». En fait une étude a montré que 10% de la population active choisirait probablement la sieste… mais que c’est probablement ce qu’elle fait déjà aujourd’hui… et que pour 60% de la population active cela ne changerait rien… Ce ne sont que les 30 derniers % qui renégocieraient leur emploi actuel pour un meilleur salaire, pour reprendre des études, pour une activité à temps partiel…

Substitution à toutes les prestations sociales actuelles

Le revenu de vie se substituerait à toutes les prestations actuelles, RSA bien sur, allocations familiales, allocation logement, allocation chomage et allocation retraite. Cette substitution serait la plus délicate pour les plus haut revenus qui perdraient la différence entre les prestations versées actuellement et le revenu de vie. La transition serait donc probablement nécessairement progressive.

On commence maintenant ?

Pour aller plus loin :

Revenu de Vie

Avez-vous déjà entendu parler du Revenu de Vie ? Peut-être êtes-vous déjà signataire de l’Appel pour un Revenu de Vie ? Peut-être avez-vous envie d’en savoir plus avant de vous engager dans la promotion de cette évolution de notre société ?

Qu’est-ce que le Revenu de Vie ?

L’idée du Revenu de Vie est simple. Elle consiste à considérer que le droit à la vie est le droit le plus important. Et donc, elle consiste à verser à tous les citoyens un revenu de sa naissance à sa mort qui lui permet de vivre décemment.

Est-ce possible ?

La première question que l’on me pose généralement lorsque je parle du Revenu de Vie est : Cela couterait très cher, comment le financerais-tu ? La France étant la 5ème économie mondiale en PIB, la 8ème en terme de développement humain, cela doit être possible. La France comptant 8 millions de pauvres, ce n’est pas seulement possible c’est indispensable. Pour connaitre le coût total de l’opération, il faudrait définir le montant de ce revenu et trouver le moyen le plus économique pour le verser aux 65,1 millions d’habitants du pays. A 1000 € par mois par exemple, cela représenterait 65 Mds € par mois ! A titre de comparaison, les dépenses annuelles consacrées à la protection sociale aujourd’hui représentent environ 30 % du PIB soit environ 600 Mds €… Même en imaginant que ce revenu puisse se substituer à de nombreuses prestations sociales, il faudra un peu d’imagination pour réaliser le financement. A voir ici une simulation des revenus disponibles.

Et puis, il y a des personnes qui n’en auraient pas besoin et qui en profiteraient quand même ?

Cette deuxième question est posée presque à chaque fois ! La fraude est systématiquement associée aux prestations sociales voir par exemple la Fraude aux allocations familiales. Un des avantages du Revenu de Vie est qu’il ne pourrait y avoir de fraude puisqu’il est versé à tous et sans conditions. Pas de fraude, pas de contrôle, c’est aussi une source importante d’économie !

Mais que feraient les gens ? Ils n’auraient plus envie de travailler ?

En effet, notre rapport au travail serait probablement transformé par cette évolution. Pour savoir ce que pourraient faire « les gens », vous pouvez par exemple lire l’article de Courrier International sur la mise en place du Revenu Minimum Garanti en Namibie. Le fait de ne pas travailler n’est pas nécessairement de la paresse… mais peut-être simplement le fait qu’il n’y a pas de travail. Le revenu de vie a un impact sur la demande et sur la production car il libère les possibilités d’initiative. Et l’expérience de la Namibie montre l’impact extrêmement positif en termes de santé, d’éducation, de baisse de la criminalité et de réduction la pauvreté et en terme de création d’activité.

J’espère que ces premiers éléments vous auront donné envie d’en savoir plus, de contribuer à la promotion de cette approche et de contribuer à la réflexion pour permettre rapidement sa mise place !

Sources :

Appel pour le revenu de vie

Le Revenu de Vie sur Twitter et Identica

Les miracles du Revenu Minimum Garanti

Fraude aux allocations familiales

Allocation Universelle

Dans la Dèche au Royaume Enchanté

Dans la Dèche au Royaume Enchanté est une livre de Cory Doctorow (boingboing). Ce roman m’a été recommandé par Julien Dorra lors d’une soirée des Explorateurs Du Web consacrée au monnaies complémentaires. Pour cela un très grand merci !

Le livre est sorti depuis longtemps, aussi je me bornerais à vous dire : « lisez le et vous comprendrez la puissance des monnaies complémentaires dites d’appréciation et vous aurez vous aussi envie de les adopter ! ».

Une anecdote malgré tout, la description en une page de l’intérêt de dépasser l’approche classique des projets (cascade, cycle en V) pour aller vers l’agilité est excellente ! La voici en anglais :

“Okay, so tell me, if we came to you with this plan and asked you to pull together a production schedule—one that didn’t have any review, just take the idea and run with it—and then pull it off, how long would it take you to execute it?”
Lil smiled primly. She’d dealt with Imagineering before.
“About five years,” he said, almost instantly.
“Five years?” I squawked. “Why five years? Debra’s people overhauled the Hall in a month!”
“Oh, wait,” he said. “No review at all?”
“No review. Just come up with the best way you can to do this, and do it. And we can provide you with unlimited, skilled labor, three shifts around the clock.”
He rolled his eyes back and ticked off days on his fingers while muttering under his breath. He was a tall, thin man with a shock of curly dark hair that he smoothed unconsciously with surprisingly stubby fingers while he thought.
“About eight weeks,” he said. “Barring accidents, assuming off-the-shelf parts, unlimited labor, capable management, material availability . . .”
He trailed off again, and his short fingers waggled as he pulled up a HUD and started making a list.
“Wait,” Lil said, alarmed. “How do you get from five years to eight weeks?”
Now it was my turn to smirk. I’d seen how Imagineering worked when they were on their own, building prototypes and conceptual mockups—I knew that the real bottleneck was the constant review and revisions, the ever-fluctuating groupmind consensus of the ad-hoc that commissioned their work.
Suneep looked sheepish. “Well, if all I have to do is satisfy myself that my plans are good and my buildings won’t fall down, I can make it happen very fast. Of course, my plans aren’t perfect. Sometimes, I’ll be halfway through a project when someone suggests a new flourish or approach that makes the whole thing immeasurably better. Then it’s back to the drawing board . . . So I stay at the drawing board for a long time at the start, get feedback from other Imagineers, from the ad-hocs, from focus groups and the Net. Then we do reviews at every stage of construction, check to see if anyone has had a great idea we haven’t thought of and incorporate it, sometimes rolling back the work.
“It’s slow, but it works.”
Lil was flustered. “But if you can do a complete revision in eight weeks, why not just finish it, then plan another revision, do that one in eight weeks, and so on? Why take five years before anyone can ride the thing?”
“Because that’s how it’s done,” I said to Lil. “But that’s not how it has to be done. That’s how we’ll save the Mansion.”

La source est ici : http://craphound.com/down/download.php

En français et en poche, c’est ici : Dans la Dèche au Royaume Enchanté

Voyage au coeur de l’intelligence collective globale

The Transitioner organisait aujourd’hui un Voyage au coeur de l’intelligence collective globale. Nous étions une quarantaine réunis au Comptoir Général pour une journée d’aventures très enrichissantes !

J’ai à la fois envie de tout vous raconter, et envie de tout garder secret afin que vous ayez la surprise lors de votre participation à une prochaine édition (une session mensuelle est envisagée à partir de la rentrée).

Une journée ou nous avons pris contact avec notre corps (avec des exercices de relaxation dynamique par exemple), avec le groupe (si si…) et commencé à explorer à travers Internet (etherpad, twitter #vicg, flickr… )  la construction d’un groupe de « proches » éloignés physiquement.

Une journée dont je repars avec plein d’idées à transposer dans mon activité de réussite de projets !

La nouvelle couleur de l’argent

1184808_pile_of_coinsLa nouvelle couleur de l’argent, c’est le titre de l’émission Rue des Entrepreneurs de Didier Adès et Dominique Dambert de ce 30 mai 2009. L’émission est disponible en balladodifusion (podcast 😉 ) à cette adresse : La nouvelle couleur de l’argent.

Une Excellente émission au cours de laquelle les invités ont expliqués les fonctions de la monnaie : comme unité de compte pour exprimer les prix, ou comme moyen de paiement pour les échanges, ou comme moyen de réserve pour la thésaurisation, et sur l’émergence de nouvelles monnaies complémentaires permettant d’échapper à la défaillance de notre système actuel basé sur le crédit avec intérêt.

Les invités :

  • Gilles Besnard, Chargé de mission à la direction des déplacements au Conseil général de l’Essonne, Le site
  • Bernard Lietaer, Économiste, spécialiste des monnaies, Ancien directeur de la Banque Centrale de Belgique, Son site
  • Jean-François Noubel, Président- fondateur de TheTransitioner.org, Chercheur en intelligence, sagesse et conscience collectives (ISCC), TheTransitioner.org
  • André Orléan, Directeur de recherches au CNRS (Paris-Jourdan Sciences économiques), Sa page
  • Jérôme Blanc, Maître de conférences en économie, Université Lumière Lyon 2 (Faculté de sciences économiques et de gestion), Sa page

Une occasion de vous proposer (de vous recommander) de participer au séminaire du 12 juin : Voyage au coeur de l’intelligence collective globale.

La photo est de lusi.

Twollars : Une monnaie pour dire merci ?

Une monnaie pour dire merci sur Twitter vient de naitre.

Quelle est la fonction d’une monnaie ? Peut-on disposer de monnaies qui n’auraient plus les défauts de nos monnaies principales actuelles (basées sur la dette) ?

L’envie de créer des monnaies parallèles semble se diffuser de plus en plus largement…

Merci à Marc pour cette découverte !