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Le mouvement d’indignation contre le status quo d’une situation injuste qui profite à 1% de la population mondiale grandi et se coordonne grace à Internet. Au point que cette coordination inquiète et fait craindre à certains un automne à l’image du « printemps arabe ».

La prochaine étape est une manifestation mondiale pour le 15 octobre dont je reproduis l’appel ici :

Le 15 octobre – Tous ensemble pour un changement mondial

Le 15 octobre des gens du monde entier descendront dans les rues et sur les places. De l’Amérique à l’Asie, de l’Afrique à l’Europe, ces personnes se mobilisent pour réclamer leurs droits et exiger une vraie démocratie. Maintenant il est temps de nous réunir dans une protestation mondiale non-violente.

Le pouvoir en place travaille au profit de quelques-uns en ignorant aussi bien la volonté de la majorité que le prix humain et environnemental que nous payons. Cette situation intolérable doit cesser.

Unis d’une seule voix, nous allons faire savoir aux politiciens, et aux élites financières qu’ils servent, que c’est à nous, le peuple, de décider de notre avenir.

Nous ne sommes pas des marchandises entre leurs mains, ni entre celles des banquiers, qui ne nous représentent pas.

Le 15 octobre nous nous rencontrerons dans les rues afin d’initier le changement mondial que nous voulons. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu’à l’obtenir.

Il est temps de nous unir. Il est temps pour eux de nous écouter.

Peuples du monde, mobilisez-vous le 15 Octobre!

Les indignés

A l’heure ou les indignés quittent la place qu’ils avaient investis depuis le 15 mai à Madrid, je reviens sur la revendication qui m’a le plus surpris :

Nous voulons la démocratie

Surpris, car ce que nous avions communément admis comme des revendications de démocratie pour la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, la Syrie et bien d’autres étaient à présent formulé en Espagne (et également en Grèce et en Irlande…). En cause : les institutions « non élues » suivant leur propre agenda et n’agissant pas pour le bien du peuple : Commission Européenne, BCE, FMI… Il est vrai que nos politiques se cachent depuis longtemps derrière ces institutions pour justifier leurs actions ou leur inaction.

Ces institutions qui depuis 2008 peinent à maintenir le système monétaire en fonctionnement en prolongeant la création de monnaie par la dette (dette que nous devrons bien sur rembourser plus tard lorsque la croissance sera revenue). Pour comprendre le propos, il est utile de lire La Théorie Relative de la Monnaie que j’abordais dans un précédent article.

Une grande partie des moins de 30 ans vivent de petits boulots ou de stages mal rémunérés. Certains en viennent à dire que l’abolition de l’esclavage n’a pas eu lieu et qu’à présent pour être esclave, il faut faire des études… Dans le même temps, l’écart entre les plus pauvres et les plus riches ne cessent d’augmenter (presque la moitié des français ont un revenu inférieur à 1500 € et il suffit de plus de 5000 € pour être dans les 5% les plus riches… La courbe devient verticale ensuite, plus verticale qu’elle ne l’a jamais été depuis les années 50… Le système d’impôt dégressif contribue à accroitre l’écart puisque les plus riches payent moins d’impôt en proportion que les plus pauvres).

Un monde fini

Un monde fini pour dire que la croissance ne peut être infinie et donc qu’un mode de fonctionnement ou la création monétaire se fait sur la base d’une dette générant des intérêts est un système à abandonner.

Plus assez de travail pour tous ET beaucoup de travail à faire

Un paradoxe de plus, il n’y a plus assez de travail pour tous, ou autrement dit, la productivité globale a suffisamment augmentée pour que le travail de quelques-uns suffisent à satisfaire les besoins de beaucoup. Et en même temps un grand nombre de besoins sont insatisfaits : accès à l’eau, à la nourriture, à l’éducation, à la santé, dépollution de la production d’énergie, nettoyage de la planète…

Dissocier le revenu et le travail

De la même façon que nous considérons en contractant une dette au niveau d’un état, que celle-ci engage les descendants habitants dans cet Etat, nous pourrions considérer qu’ils touchent un revenu (un dividende) basé sur la richesse que cet Etat à créé dans le passé : c’est le principe du revenu de vie ou du dividende universel. La création monétaire pourrait se faire par l’attribution inconditionnelle d’un revenu de vie à chaque citoyen de façon inconditionnelle.

Cela permettrait à certains de se consacrer à des travaux importants mais n’apportant pas de rémunération immédiate. Lire aussi : le revenu de vie. Cela permettrait également de revoir les principes de l’aide apporté par l’Etat aux plus défavorisés : en rendant le revenu inconditionnel, on supprime une grande part du cout de distribution, de contrôle, de fraude…

En finir avec la dette

Il est essentiel également de cesser avec le principe de dette des Etats qui montre aujourd’hui une fois de plus ces limites (les taux d’intérêts montent hors de proportion alors que le risque réel de défaut est quasi-nul car il impliquerait de mettre fin au système dans son ensemble). Il faudra donc accepter une renégociation de dette par création monétaire sur les 10 à 15 prochaines années et un abandon du système de dette des Etats (pour ceux dont les revenus dépendent de ces placements, c’est évidement une très mauvaise idée…).

Cela suppose pour un pays comme la France dont la dette atteint aujourd’hui 1600 Mds (2010) alors qu’elle était de 1150 Mds en 2006 de créer 100 Mds de monnaie par an sur 16 ans… Ce qui par rapport à la masse monétaire M3 de 9400 Mds dans la zone Euro est assez raisonnable.

Si les états dépassent leur budget et créent un déficit cela doit être dans un investissement durable augmentant le patrimoine (et donc les dividendes futurs) et pas pour rembourser des intérêts d’emprunts qui n’étaient là au départ que pour faire fonctionner le système monétaire (et qui sont aujourd’hui trop élevé par rapport au cout réel de fonctionnement).

Status Quo

La problématique de remettre en cause le système monétaire est qu’il est aujourd’hui la base de tout notre fonctionnement. Le Status Quo est donc bien plus confortable et rassurant : nous savons ce que nous avons, nous pouvons évaluer les dysfonctionnements et s’en désoler de temps à autres… Mais nous ne pouvons pas savoir avec certitude ce que nous perdrions et gagnerions dans un nouveau système… Alors nous préférons le Status Quo, jusqu’à ce que cela soit intenable et que cela explose : Les indignés nous montrent qu’il est temps de repenser le système dans son ensemble et que nous ne pourrons plus prolonger notre ancien système (qui à moins de 100 ans…) très longtemps…

Les indignés ont montrés que la situation actuelle étaient insupportable et qu’il y avait d’autres voies que la peur de l’autre vers lesquelles se tourner. A la fois enthousiasmant et effrayant comme beaucoup de changement !