Manage it!

Manage it! est un livre de Johanna Rothman édité chez Pragmatic Programmers. Vous connaissez sans doute cet éditeur qui a publié par exemple Agile Retrospectives de Esther Derby et Diana Larsen, ou Agile Coaching de Rachel Davies et Liz Sedley que mon ami Fabrice Aimetti a traduit en français. Si vous ne connaissez par Pragmatic Programmers, je vous recommande d’aller jeter un coup d’œil à leur étagère.

Lorsque j’ai parcouru les premières pages du livre, j’ai été surpris, voir rebuté, par le ton « gestion de projet classique » et finalement c’est ce qui me plait dans cet ouvrage. Pourquoi ? Parce que c’est un ouvrage que vous pouvez faire lire à des chefs de projets, ou des managers habitués aux méthodes et aux environnements traditionnels, sans qu’ils aient l’impression que vous cherchiez à les faire entrer dans une secte.

Alors certes, cet ouvrage n’aborde pas les valeurs et principes qui sont constitutif de la culture d’une organisation, ces valeurs et principes qui peuvent être renforcées ou bousculées par l’adoption de l’ « agile ».

Cet ouvrage aborde la gestion de projet, vue de la fenêtre du chef de projet, du chef de programme, des managers, et parfois des équipiers. Il s’intéresse au démarrage du projet, planifier un projet, il s’intéresse aux cycles relatifs à la vie du projet, à la priorisation, à l’estimation, à la constitution d’équipes, au pilotage, au rythme, aux réunions, au tableau de bord, à la question de la gestion de plusieurs projets en parallèle, des équipes distribuées, à l’intégration des tests, aux programmes et portfolio, et bien sur à la terminaison des projets. J’ai repris ici l’ensemble des chapitres pour vous donner une vue globale de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Les recommandations sont simples à comprendre, et l’argumentaire utilisé peut vous être utile pour enrichir votre palette d’arguments.

J’ai particulièrement apprécié la façon d’introduire l’importance de poser des questions utiles comme :

  • à quoi ressemble le succès ?
  • pourquoi ces résultats sont souhaités ?
  • quel est la valeur de cette solution pour vous ?
  • quels problèmes ce système cherche à résoudre ?
  • quels problèmes ce système pourrait créer ?

J’ai apprécié la recommandation et la façon d’introduire des rétrospectives dans les cycles du projet (ainsi que la façon d’insister à ne pas appeler cela post-mortem en fin de projet, en espérant que personne ne soit mort au court de ce projet).

La lecture de l’ouvrage peut-être rapide (je l’ai lu dans l’avion qui me ramenait du Red Hat Tech Exchange) et j’imagine qu’il sera une référence utile lorsque vous êtes prêt à démarrer un nouveau projet, ou à intervenir sur un projet en cours.

5 stratégies pour réussir votre projet informatique


Une belle promesse que fait Michael Krigsman de ZDNet (IT Project Failures) publié cette fois sur TechRepublic.com.

Quelles sont ces 5 stratégies pour que votre projet ne fasse pas parti des 2/3 de projets qui vont échouer ?

1- Répondre aux besoins métiers : En engageant une véritable conversation avec les métiers pour y chercher les orientations pour le programme d’actions IT.

2- Innover : En travaillant main dans la main avec les métiers, il faut savoir être prêt à accepter le changement, et adopter une culture d’amélioration continue.

3- Être honnête : Accepter ses faiblesses pour pouvoir mener des actions correctives. Le déni est la marque de fabrique des échecs.

4- Aligner les fournisseurs : Les projets informatique mettent en scène trois catégories d’acteurs, les clients, les fournisseurs de technologies et les sociétés de services. Leurs feuilles de route sont probablement divergentes, assurez-vous de mettre en place les relations qui vous permettront de maintenir vos fournisseurs dans le sens de votre projet.

5- Avoir un sponsor : Avoir un sponsor passionné par les résultats du projet, positionné au top de la hiérarchie.

Il me semble que tout le monde verra facilement l’intérêt de ces 5 stratégies… La question qui subsiste (et qui n’est pas traité dans l’article original) est bien sur : « Comment mettre en œuvre ces stratégies pour mon projet ? » et pour cela je suis prêt à vous aider ! (oui c’est de la pub 😉 )

Management et Outils Informatiques au service de la Performance Durable

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C’est le titre de la conférence du lundi 26 janvier, organisée par les anciens élèves des Arts et Métiers, avec les interventions de Catherine Pamphile, Laurent Salsé et Georges Nurdin.

Catherine Pamphile comparait l’évolution des systèmes vivants et les organisations des entreprises en remarquant que celles-ci n’étaient que rarement capables de résister à l’imprévisible. Elle revenait sur la trinité Qualité, Coût, Délai en remarquant que la qualité devenait souvent la variable d’ajustement. Elle terminait par dire l’impérieuse nécessité d’utiliser les enseignements de d‘Edward Deming dans les entreprises et particulièrement dans les projets informatiques.

Laurent Salsé (FitNet) poursuivait par un autre parallèle avec l’Industrie, constatant que l’informatique d’aujourd’hui ressemblait beaucoup à l’industrie d’hier (début du 20ème siècle), ou tout était fait « à la main » sur la base d’une organisation « cloisonnée ». Quelle leçon pour l’informatique tirer de l’évolution de l’industrie, qui est passée par l’automatisation de certaines tâches et par une grande flexibilité des ateliers et des outillages.

Laurent décrivait la reconquête de l’ouest permanente que constitue les grands projets informatique. Il présentait les acteurs de ce film constamment rejoué :

  • le bon : Clint Excel, il est le roi de la macro, il fait des tableaux dans tous les sens pour que l’on puisse suivre le projet… Mais lorsqu’il part, épuisé par le projet, on perd tout…
  • la brute : Max Meeting, il réunit tout le monde, pour savoir ou on en est…
  • le truand : Jess Email, il n’utilise que l’email… Et si tu ne l’as pas lu, t’es en tort…
  • Sans oublier bien sur : John Word et Slide Power, qui eux aussi consacrent beaucoup d’énergie à la justification permanente…

Les échanges par mail entre les acteurs de documents word, excel et powerpoint sont représentés sur le schéma ci-dessous.

laurent-salse-fitnet-echangemailLe chef de projet est alors celui qui va coordonner les actions des différents acteurs…

Les coûts de transactions atteignant rapidement 60% du coût d’un projet [deux sources, un résultat : Laurent Salsé et le calcul d’une demande à 100 €… et le Boston Consulting Group]

La meilleure façon de réduire ces coûts de transaction passe par l’utilisation d’outillage informatique permettant de centraliser et partager l’information et permettant à chacun d’agir en transparence avec les autres acteurs…

C’est bien le rôle du management de répondre aux besoins des opérationnels de mettre en place une organisation permettant des échanges fluides, et une transparence qui permet aux acteurs d’agir en confiance.

A ce moment, je crois que Laurent Salsé aurait suscité encore plus d’applaudissements si il avait présenté une démonstration des produits de sa société !

La conférence se terminait par l’intervention de Georges Nurdin, qui présentait les 12 fondamentaux de la performance pérenne à l’international, à l’occasion de la sortie de son livre : International Business Control, Reporting and Corporate Governance: Global Business Best Practice Across Cultures, Countries and Organisations.

Les 12 fondamentaux sont (en anglais) : home grown management, core ideology, cult like culture, good is never enough, constructive culture, dna protection, acquisition integration, m&a organic balance, executive mixed origins, cross cultural hr, cross cultural marketing, geographic balance… J’ai conscience que cette liste n’apporte pas suffisamment d’information en elle même, sans les illustrations qui vont avec, comme par exemple Good is never enough, principe d’amélioration continue interrogeant sur la volonté d’une organisation à ne pas se contenter du bon, contrastant avec notre sagesse populaire : « le mieux est l’ennemi du bien »…

Cela m’a rappelé le livre de Jim Collins sur la performance globale (De la performance à l’excellence : Devenir une entreprise leader) ou est présenté les résultats d’études d’entreprises qui durent et les principes de management que l’on peut que l’on doit retenir.

PS : J’ai pris la photo en sortant de la conférence…