Open Innovation

Ce 12 juin 2014, une annonce d’Elon Musk, le CEO de Tesla Motors, est venue secouer l’écosystème automobile.

L’annonce titrée : All Our Patent Are Belong To You, déclarait que toute la technologie développée et brevetée par Tesla,  était à présent disponible pour qui voudrait l’utiliser, de bonne foie, dans l’esprit des projets Open Source.

Je n’ai pas encore vu si cette annonce allait être suivi d’une ouverture plus forte des travaux de Tesla, avec peut-être des possibilités de contributions d’autres acteurs du domaine, sur une plate-forme ouverte, avec la mise en place de licence Open Source… Mais ce premier pas est déjà énorme.

Cette annonce a reçu une pluie de commentaires positifs et attiré aussi des détracteurs expliquant que l’intérêt de Tesla n’était pas qu’altruiste puisqu’ils tireraient bénéfices de cette ouverture en faisant émerger leurs solutions comme des standards.

J’apprécie évidement que ces commentaires fassent ressortir un des bénéfices d’une approche Open Source. Celui de faire que les contributeurs à une solution, plutôt que de gaspiller de l’énergie à se combattre à coup d’incompatibilités, fassent émerger des standards permettant de mutualiser les ressources.

En tant qu’utilisateur, je serai très heureux de pouvoir brancher mon auto sur n’importe quel système de n’importe quelle marque.

J’en profite pour mettre en avant deux articles, le premier du CEO de Red Hat tirant son chapeau à Tesla, le second dans OpenSource.com revenant sur les réactions variés suite à l’annonce.  Et dans le premier, Jim Whitehurst parle aussi d’eNovance

 

Le choix du titre de l’annonce est plutôt drôle n’est-ce pas ? Si vous vous demandez pourquoi, jetez un oeil à cela : All Your Base Are Belong To Us.

Développer des produits avec des équipes distribuées

Après la conférence que j’ai donné le 10 avril pour le ScrumDay, je suis en train de préparer celle que je donnerais lors de Mix-IT le 30 avril 2014.

Le résumé de la session est assez similaire entre les deux, voici celui du ScrumDay :

De nos jours, presque tout le monde sait faire grandir une infrastructure de machines en mode distribué, avec une très bonnes communication entre elles, et en évitant les points uniques de défaillance (c’est une traduction de SPOF, single point of failure). En y réfléchissant, des serveurs distribués à travers le monde ne sont pas si différents que des équipes distribuées, elles ont besoin de connexion et de synchronisation…

Vraiment ?

Nous sommes des humains … pas des machines …

Dans cette session, nous allons voir comment eNovance, une société qui conçoit des produits destinés à bâtir des infrastructures informatiques, d’ou le pitch initial… Nous allons donc voir comment eNovance a fait grandir son équipe de développement produits en mode distribué en suivant les valeurs et principes Agile. Cette session expliquera comment nous nous appuyons sur nos Product Owner pour guider nos contributions à des logiciels libres constitutifs de nos produits. Nous verrons par exemple comment nous planifions nos itérations en suivant le rythme donné par le projet Openstack. Nous verrons également comment nous organisons nos scrums, sprint planning, sprint review et retrospectives en nous adaptant à des équipiers positionnés sur différents fuseaux horaires.

La session présentera le mode de fonctionnement d’un projet open source emblématique : Openstack. Ainsi que la façon de contribuer de l’équipe eNovance.

La différence entre les sessions va se jouer sur plusieurs aspects :

  • l’expérience acquise par la première présentation,
  • les retours et les questions des participants,
  • les questions posées par un des organisateurs de Mix-IT qui vont orienter la présentation sur des aspects différents.

Franck Depierre, l’organisateur qui a posé ces questions stimulantes, m’a demandé de préciser certains points. Les questions sont en gras :

  • Pourquoi faudrait-il avoir toutes les équipes distribuées qui travaillent ensemble ?
    Ce sont les membres des équipes qui sont distribués à travers le monde. Pour une équipe qui développe un produit, les équipiers sont répartis entre les bureaux de Bangalore, Paris, Montreal et San Francisco, de plus certains équipiers travaillent de chez eux (Hambourg, Dallas, San Francisco, New-York, Bordeaux, Toulouse…). Les équipes sont composées de personnes ayant les compétences nécessaires pour développer le produit, leur localisation n’est pas un critère de choix.
  • N’est-il pas plus simple de faire l’intégration sans avoir de communication entre équipe ?
    Nous préférons une approche ou l’équipe livre un produit déployable. Les produits sont modulaires et combinables entre eux : une infrastructure cloud de base peut être associée à l’usine de développement logiciel par exemple.
  • A qui est destiné cette session ?
    A des agents de changement dans l’organisation, à ceux qui, dans le flux de développement d’un produit, s’intéresse à faire évoluer l’organisation de leurs équipes.
  • On a l’impression que tout est bien dans le meilleur des mondes. Quels sont les freins, les problèmes qu’il faut identifier ? Est-ce uniquement un pb de product owner ? Ne pourrais-tu pas donner des recommendations pour tout les profils de l’organisation ?
    Tout est encore loin d’être bien dans le meilleur des mondes… La distance créée de nombreux problèmes que nous n’aurions pas avec une équipe colocalisée et des communications face à face (on s’en doute)… Je compte évidement aborder ces difficultés et les solutions que nous avons identifiées pour l’instant.
  • Est-ce qu’un coach ou facilitateur aide à ce mode de travail ? Si oui, est-ce que le coach doit être unique et intervenir sur tous les sites ? Est-ce qu’il faut monter une équipe de coaches ? Quelles sont les réunions à mettre en place ? Sur quel cycle répétitif, basé sur Scrum ?
    C’est mon role dans l’organisation. Nous formons progressivement une équipe de personnes intéressées qui diffusent dans leurs équipes la culture agile et open source de l’entreprise. Et oui, avec une approche itérative 🙂
  • Comment justifier que les équipes distribuées sont plus viables que les colocalisées ?
    Les équipes distribuées permettent de regrouper des personnes compétentes sur un produit sans avoir besoin de leur imposer une localisation… Dans l’idéal, je préférerais que toutes les personnes puissent travailler dans la même pièce.

Il me reste une semaine pour revoir la session afin de maximiser la valeur des messages à transmettre ! Vous pouvez également me poser des questions via Twitter, en commentaire de ce billet ou par mail pour que je les prenne en compte dans ma préparation.

Pour en savoir plus sur cette édition de Mix-IT 2014, consultez les actualités et particulièrement les articles présentant le programme.

 

[modification du 15 novembre : la vidéo de la session de Mix-IT vient d’être publiée http://www.infoq.com/fr/presentations/produits-avec-equipes-distribuees]

Une carte pour vous

Connaissez-vous le service Mapbox ?

Il permet de créer des cartes personnalisées, comme celle-ci pour la nouvelle adresse des bureaux d’eNovance à Paris :

Ou comme celle-ci pour la nouvelle adresse des bureaux d’Ayeba à Bordeaux :

Mapbox utilise Openstreetmap (le Wikipedia des cartes) pour fournir son service : https://www.mapbox.com/openstreetmap/

Prenons de l’avance sur notre temps

semaine-innovation-marques-2014J’ai eu le plaisir d’être invité par les élèves de l’ISEG Marketing et Communication (MCS2) à débattre sur le thème de l’innovation avec Céline Patrier, fondatrice de OriginBy. Ce débat clôture la semaine innovation et marques organisée à Bordeaux.

Je souhaite remercier l’ISEG et les élèves pour l’organisation et pour l’accueil chaleureux. Un grand merci également aux animateurs

Clarisse Bodineau et Phillipe Rozier pour leurs prestations et leurs excellentes questions !

ideatweet Sévanne

Première question donc : il s’agissait de définir l’innovation, ou plus tôt de se positionner par rapport à la définition donnée par ce petit film diffusé en lancement de la conférence. Le tweet de @sevanneheaven résume bien mon propos : « L’innovation n’est jamais solitaire, on observe le monde autour de soi, on travaille ensemble pour aller plus loin ».

La question suivante se référait aux ressources nécessaires pour l’innovation outils ? machines ? méthodes ? interrogeaient les animateurs… Ce que nous avons besoin d’avoir pour innover, ce sont une grande diversité de personnes, regroupées dans des conditions favorables. Pour expliquer ce que peut signifier des conditions favorables, j’utilisais une caricature : enfermer quelqu’un dans un bureau et menacer le d’une sanction si il n’a pas innové dans l’heure…

Cela me permettait également d’expliciter l’organisation nécessaire pour favoriser la collaboration entre les personnes, la libération et le développement des talents, permettant la créativité et l’innovation… et donc de parler de mon rôle de Chief Agility Officer chez eNovance.

Tweet @GuillaumeCo

Une question sur les cycles d’innovation et les secteurs permettait d’évoquer quelques acteurs venant innover dans des différents secteurs comme le résume le tweet de @GuillaumCo : « @alexismonville nous a cité entre autre @enovance, @TeslaMotors, @ulule, @XeroxCorp, 1083 denim #innoviseg #Bordeaux » (Je précise que 1083, ce sont des jeans et des chaussures fabriquées en France, dont le démarrage a été financé en crowdfunding sur ulule)… Et j’ajoute que j’ai oublié de parler de Favi, une fonderie française qui innove dans la Somme depuis plus de 30 ans…

Capture d’écran 2014-02-13 à 08.25.32Une dernière question sur les innovations à venir, me permettait de pointer que le début d’année est une période propice aux classements, que cela pourrait être une bonne source pour observer ce que les autres trouvent innovant, avec le classement de FastCompany par exemple positionnant Google en tête probablement à cause de son investissement dans : « la fin de la mort »…

innovation-alexis-monville-celine-patrier

La photo est de @isabelmonville et l’idée de parler de la fin de la mort m’est venue car ma fille Emma a répondu candidement à ma question sur ce qui était important pour elle : la vie, la famille, les amis… C’est donc bien les domaine où il faut innover pour la prochaine génération 🙂

Chief Agility Officer

Des entreprises Agiles ?

Salesforce.com a été fondée en 1999. Elle est introduite en bourse en 2004 et lève plus de 100 millions de dollars. Ce premier épisode peut être considéré comme un très beau parcours. En 2007, Salesforce.com est positionnée comme «leader» sur le quadrant magique de Gartner de son domaine et toujours en 3ème position du classement Forbes des entreprises en forte croissance. Toujours un succès donc…
Reprenons le film de ces 8 premières années vu de l’intérieur. Il y avait initialement 3 personnes à la R&D et 4 versions majeures par an. 7 ans plus tard, plus de 200 personnes à la R&D, plus qu’une seule version majeure par an, et le nombre de fonctionnalités délivrées par équipe décroit. Les principales causes sont un manque de visibilité par tous les acteurs à toutes les étapes du processus, des feedbacks tardifs à la fin du cycle de livraison. Le cycle de version est de plus en plus long et imprévisible. La productivité par équipe décroit au fur et à mesure que les équipes grandissent.
La situation en cette fin d’année 2006 est critique. La décision est prise de mener une transformation radicale vers l’agilité. Cette transformation se fera sur les premiers mois de 2007 et conduira à un renversement complet de la tendance avec 60 fonctionnalités critiques délivrées dans le 9 premiers mois de l’année.
L’organisation et les méthodes mises en oeuvre prennent racines dans les valeurs et principes des méthodes agiles.
Ce que l’on retire de l’histoire de Salesforce.com, c’est que même avec une idée excellente sur un très bon marché, le destin d’une startup, innovante et rapide au départ, peut l’amener à devenir une organisation sclérosée, incapable d’innover et de délivrer à court terme.
Spotify est une autre illustration de l’apport de l’agilité à la croissance d’une entreprise. Spotify a doublé son nombre de clients en passant de 3 millions à 6 millions au cours des 12 derniers mois. Ils ont également doublé le nombre d’utilisateurs de leur service en passant de 15 millions à 30 millions sur la même période. Avec une équipe actuelle de 300 développeurs, ils peuvent continuer de faire grandir leur base de client et relever de nouveaux challenges, comme : «doubler le nombre de fonctionnalités offertes aux utilisateurs cette année».
L’étude du BCG «transactions en confiance» a montré que plus de 60% des coûts ajoutés par les entreprises et leurs clients sont des coûts de transaction… des coûts qui disparaitraient si l’on travaillait seul… ou qui sont considérablement réduits lorsque l’on s’attache à revoir les modèles d’organisation produisant ces coûts. Cela peut-être une première base pour évaluer les bénéfices de la mise en oeuvre de l’agilité, en se donnant comme objectif de réduire ces gaspillages qui représentent 6 personnes sur 10 dans les organisations classiques.
Mais le bénéfice induit par un mode d’organisation permettant l’expression des talents de l’entreprise est bien plus important en terme de fidélité, de réactivité, de créativité et d’innovation. Les entreprises de ce type étant tellement plus performantes (x100) que leurs concurrentes sur le long terme (comme NovoNordisk comparée à Lilly ou Pfizer, Canon comparée à Xerox ou Kodak).

eNovance

eNovance est positionnée sur un marché en pleine mutation. Tous les voyants sont au vert pour que l’entreprise devienne un leader international, en conservant sa capacité à délivrer rapidement ainsi que sa capacité à pivoter en anticipant les évolutions du marché.
eNovance dispose aujourd’hui d’atouts considérables pour réussir dans cette voie. Les premiers d’entre eux sont la maîtrise et l’autonomie des personnes présentes. L’autre atout est l’existence d’un but plus élevée que l’entreprise elle-même : le logiciel libre (vous reconnaitrez ici les Autonomy, Mastery, Purpose proposé par Daniel Pink dans Drive ou dans son TED talk)
Ces 3 éléments combinés entre eux constituent un formidable moteur de motivation pour les personnes.

Agile

Introduire l’agilité à tous les niveaux de l’organisation permettra de construire une entreprise en capacité de répondre rapidement au changement, de s’adapter en continu, de délivrer rapidement de la valeur à ses clients.
En étant Agile, eNovance sera en capacité de proposer à ses clients des produits et des services agiles, et les accompagner dans leur transformation d’organisation.
C’est pour créer et nourrir cette culture de l’agilité dans toute l’organisation que j’ai rejoins eNovance en tant que :

Chief Agility Officer

Un agiliste positionné au « C-Level » d’une entreprise ?

Ce n’est qu’appliquer une des recommandations qu’a émise l’un des signataires du manifeste agile, Jim Highsmith : « Where an organisation has a strategic goal of business agility, such as Google, then Agile practices need to become part of the organisational DNA.  He [Jim Highsmith] recommends the creation of a senior role of “Chief Agility Officer” tasked with creating and nurturing an Agile culture that pervades the whole organization. «  from the article of  Shane Hastie . Jim Highsmith is one of the original writer of the Agile Manifesto.)

Le Chief Agility Officer agit avec chaque personne pour développer une organisation favorisant l’autonomie, la responsabilité, la collaboration, l’amélioration continue et le développement des talents.

Et ainsi avec des eNovancers heureux, construire le Netflix ou le Spotify du Cloud 🙂

 

 

 

La photographie d’illustration est de violetagk