Happiness is Coming

J’ai eu le grand plaisir de donner la keynote d’ouverture, sur le thème du bonheur, du 17 avril au Drupal Developer Days à Montpellier.

Voici les supports que j’ai utilisé :

Une sélection totalement partiale de tweets :


Un grand merci pour vos retours et pour les discussions qui ont suivies !

Je me sens prêt pour la prochaine DrupalCon 😉

Lift11 : deuxième jour

Tiffany St James débutait cette deuxième journée de Lift en proposant un plan d’action pour créer de l’engagement au sein des communautés en ligne. Plan d’action que je pourrais résumer en disant, il faut s’engager dans une réelle conversation et quitter le mode de communication unidirectionnelle classique.

Chris Heatcote poursuivait cette session sur les communautés en ligne, pour évoquer les communautés invisibles. Les communautés qui utilisent l’Internet comme support mais ne sont pas sur le web, ou pas visible sur le web, elles peuvent par exemple utiliser des applications mobiles, mais n’ont pas de site web. Des communautés qui permettent aux personnes de faire ce qu’elle préfèrent : parler de leur sujet d’intérêt.

Azeem Azhar abordait la question de la réputation en ligne et suggérait que nous allions nous orienter vers une « monnaie universelle » de réputation, qui dépasserait les évaluations locales à un outil, comme les recommandations de linkedin, ou les évaluations d’ebay. Cela m’a évidement fait penser aux whuffies de Cory Doctorow, concept d’évaluation de réputation développé ensuite par Tara Hunt.

Memi Beltrame, pour la session Open Stage, présentait Artypedia.org, un site présentant des définitions de l’Art que je vous laisse découvrir : http://artypedia.org

Steve Portigal introduisait une nouvelle session sur les modèles d’innovation en interrogeant la façon dont nous collectons les besoins et concevons les solutions. Il proposait une approche permettant de détecter des besoins réels et de pouvoir y répondre. Aller sur le terrain, regarder ce que les gens font, et leur proposer des solutions extrêmes pour analyser comment ils répondent à ces solutions pour comprendre ce qui est réellement important pour eux.

Nick Coates poursuivait cette session pour parler de ce qu’est la co-création. Une présentation très riche présentant 6 principes de la co-création : pas de spectateur, diversité, humilité, implication des utilisateurs, taille du groupe, la réponse n’est pas déjà là. Les 3Cs : Créativité, Collaboration, Contrôle.

Thomas Sutton terminait cette session par une intervention sur l’innovation ouverte (open innovation) présentant comment innover avec ses utilisateurs.

Il était temps pour un break 😉 et c’est le déjeuner ! On a parlé jeux vidéos et j’ai appris des tas de choses étonnantes sur les approximations mathématiques et sur les simulations !

Steffen Walz débutait l’après-midi en chantant le titre de sa présentation sur la gamification. Bien différente de la pointification que l’on rencontre plus souvent. Il recommande de revenir au racine des jeux pour concevoir des jeux utilisables dans différents environnements.

Retour à l’analogique (et au français) avec Etienne Mineur qui produit des livres papiers mêlant principes des jeux vidéos et interface papier. Il a présenté également des jeux sur interface tactile avec des pions physiques, ou l’inverse des jeux physiques ou le pion est un téléphone. Passionnant ! A découvrir sur les éditions volumiques : http://www.volumique.com/fr/

Une bonne pause après les jeux et on enchaine avec la monnaie…

Brian Solis ouvrait cette session avec les devises sociales (social currencies). Sa présentation est avant tout une mise en garde sur la mesure de notre « crédit social » à nos dépens, utilisé pour mesurer le risque de défaillance pour un pret, ou pour évaluer si l’on est digne d’être embauché… Il propose alors de prendre conscience de cette mesure et de la tourner à notre profit pour décider de ce que l’on partage pour augmenter notre « crédit social »… Les mesureurs : klout ou peerindex par exemple.

Philippe Gendret développait l’évolution de la monétisation des publications : journaux, magazines, livres en fonction des usages et des supports de lectures. Face à cette grande variété, ils envisagent d’offrir des prix et des fonctionnalités différentes en fonctions des usages, depuis le mobile, en passant par les e-ink reader, les tablettes tactiles jusqu’au ordinateurs personnels.

Simon Redfern, que nous avions fait (avec Ayeba) intervenir lors de la session FlossVision lors de l’édition 2010 de l’OpenWorldForum, il présentait le projet OpenBank, destiné à éliminer la corruption sévissant dans les institutions par une transparence absolue du fonctionnement pour les ONG et les entreprises recevant du financement public, et une transparence réglable pour les entreprises et les particuliers.

Yuri Suzuki, prenait la suite pour une session open stage, et présentait ses créations de design pour les dyslexiques et particulièrement de musique pour les dyslexiques qui ne peuvent lire les partitions, ce qui a donné lieu au Color Chaser qui suit une ligne noir et joue un son lorsqu’il rencontre une couleur.

Les illustrations sont réalisées en direct par Strategic Illustration : Elisabeth Auzan, Sarah Clark et Sabine Soeder et c’est véritablement impressionnant !

Communautés et Organisations

Bénédicte Taillebois, Luc Bizeul, Sébastien Douche, Frédéric Freiss et Jean-Michel Huten étaient à La Cantine ce mercredi 15 septembre pour la répétition de la conférence « Comment les entreprises bénéficient-elles des communautés ? » qui se déroulera le 1er octobre de 11h à 12h30 durant l’OpenWorldForum.

Je les remercie chaleureusement pour leurs contributions à cette session d’entrainement dont je suis ressorti enthousiaste. Je peux à présent vous assurer que cette session sera d’un très bon niveau et que les participants (vous donc 🙂 ) retireront un grand bénéfice de cette session pour améliorer leurs organisations.

Generali, Astria, Securactive, Conseil… Issus d’entreprises très différentes par la taille et les prestations fournies et avec des parcours très différents par la formation et l’expérience, Bénédicte, Frédéric, Jean-Michel, Luc et Sébastien apporteront des réponses et des éclairages à de nombreuses questions en rapport avec les communautés et les organisations comme par exemple :

  • Qu’est-ce qu’une communauté pour une entreprise ?
  • Quelles approches pour développer les interactions au delà d’un groupe réduit ?
  • Comment réussir à impliquer les utilisateurs dans le développement d’un produit ?
  • Comment bâtir une organisation qui s’améliore continuellement ?

Et bien sur vos questions, puisque nous avons prévu de réserver 30 minutes pour les échanges avec la salle.

Les intervenants iront au delà des mots valises pour vous transmettre ce qu’ils ont appris et mis en oeuvre dans leurs organisations.

L’inscription est nécessaire pour participer à cette conférence. Je vous remercie après votre inscription à l’OpenWorldForum, de renseigner votre parcours de visite en indiquant votre participation à cette session « Comment les entreprises bénéficient-elles des communautés ? ».

Pour vous inscrire

Cette session se déroulera en Français.

Et pour trouver cette article, vous aurez peut-être besoin de ces mots clés dont je n’ai pas parlé comme : communauté, logiciel libre, open source, facilitation, coach, agile, agilité, scrum, lean, kanban, usabilité, ergonomie…

A lire également :

La présentation de la conférence sur ayeba.fr

La croissance par le partage

Charles-H. Schulz d’Ars Aperta, a animé  à La Cantine une table-ronde sur les modèles de développement et de collaboration au sein des projets du logiciel libre :

– Tristan Nitot, Mozilla Europe
– Nicolas Barcet,
Ubuntu (Canonical)
– Louis Montagne,
Bearstech
– John Lejeune,
Hackable Devices
– Luis Belmar,
Itaapy

Tristan Nitot fait remarquer en introduction que la notion de croissance, au sens de croissance économique, n’intéresse pas l’association fédère la communauté Mozilla, les revenus qu’elle retire de ses activités étant destinés à assurer la pérennité des projets qu’elle porte.

Cette matinée d’échanges et de découvertes des méthodes et processus à l’intérieur des communautés Open Source et de la conduite de projets en mode agile se propose de répondre aux questions :

– comment gère-t’on une communauté open source?
– projets informatiques classiques et projets open source: différences, ressemblances…
– existe-t’il des critères d’évaluation pour les projets open source?
– quelles sont les implications juridiques et opérationnelles?

Comment gère-t’on une communauté ?

Une gestion complexe très dépendante de la nature et de l’intention des acteurs. L’exemple de Collibri, communauté mise en place au sein du pôle de compétitivité Cap Digital, va regrouper des entreprises, des laboratoires de recherches, aux intentions divergentes. Cette approche est très différentes de communauté du logiciel libre qui font parfois appel à un « dictateur bienveillant », notion qui met à mal l’approche « communataire ».

L’exemple de Mozilla, une communauté travaillant pour elle-même, c’est à dire pour accomplir la mission du Mozilla Manifesto, utilisant des méthodes d’entreprises pour atteindre cette objectif au service du bien commun : l’ouverture d’Internet.

Le « Comment ? » amène la question aux outils et aux usages, outils pour pouvoir travailler à plusieurs wiki, tracker… demandant à connaitre des usages de politesse… Etapes techniques à la création d’une communauté nécessaire mais pas suffisantes pour avoir une communauté. L’existence d’une communauté demandant à formaliser un code de conduite de cette communauté respectant les motivations diverses des acteurs : besoin, économique, gloire, utilité, réseau… Cela nécessite un animateur de la communauté, ou plutôt des animateurs de communautés comme pour Ubuntu. Cela nécessite également que l’instigateur initial, individu ou entreprise ne garde pas la main-mise sur le produit fabriqué par la communauté.

Le développement personnel de chaque individu d’une communauté est une préoccupation importante de l’animateur de la communauté. Chaque contributeur doit trouver au cours de son implication dans une communauté une rétribution correspondant à ses aspirations.

John Lejeune amène la table-ronde sur le terrain du réel, la conception, la production et la distribution de matériel, nécessitant un apport financier plus important… Et la transposition des méthodes du logiciel libre aux matériels permet de dépasser les limites physiques classiques.

Gestion des projets ?

La gestion des projets est-elle similaire ? Pas vraiment ! L’approche agile de pilotage des projets est une constante des différentes communautés qui choisissent une approche itérative, avec une publication de produit à chaque itération qui permet de coller au besoin ou à l’envie des utilisateurs.

Interpellé depuis la tribune pour expliquer ce qu’est l’agilité en trois mots… Beaucoup plus de trois mots pour le faire… Pfff… prévenez-moi la prochaine fois !

Ces utilisateurs étant parfois représentés par un dictateur bienveillant comme il arrive dans les sociétés au développement classique. Mark ShuttleWorth s’est par exemple auto-proclamé dictateur bienveillant de la communauté et à en parallèle mis en place une organisation communautaire avec un contrôle par les pairs. Cette organisation n’est pas représentative de toutes les communautés, Mozilla a par exemple une approche par méritocratie ou les acteurs doivent démontrer qu’ils savent faire avant d’obtenir un badge avalisant une fonction différente, les actions étant toujours réalisées sous le contrôle des pairs. Debian dans son organisation est lui un projet démocratique.

Evaluation d’un projet ou d’une communauté ?

Ubuntu utilise des critères d’inclusion de produits dans la distribution avec les main inclusion requirements qui vont être utilisés pour évaluer ces produits. Ces critères sont bien sur évaluer par les équipes en les appréciant en fonction du besoin. Un sujet d’avenir…

Une remarque dans les questions sur l’utilisation de métrique sur le code produit comme avec le projet Ohloh.

Community management, gestion de communauté ?

Que gère-t-on ? certaines par les personnes et les membres de cette communauté ! Ce que l’on gère c’est plutôt la cohérence du groupe, la motivation des membres pour appartenir au groupe…

Interaction des entreprises avec les communautés :

  • travailler comme une communauté
  • travailler avec une communauté
  • l’entreprise veut fabriquer sa propre communauté

L’histoire de la création de Mozilla, issue de la société Netscape, rachetée par AOL (ce qui n’était pas favorable à des contributions externes) qui va véritablement démarrer à avoir une histoire communautaire à partir du moment ou AOL va jeter l’éponge et que la Fondation Mozilla va être créée.

L’approche d’Ubuntu est différente avec une société Canonical à but lucratif qui finance une communauté Ubuntu à but non lucratif.

OpenOffice.org souffre de certaine volonté de puissance au sein du projet (le rachat de Sun par Oracle va d’ailleurs probablement avoir des développements complexes pour ce projets).

Croissance ?

On en revient en conclusion sur la croissance. Quelle croissance ? Croissance des indicateurs de valeurs partagés au sein d’une communauté. Ces indicateurs ne sont bien sur par des indicateurs uniquement purement économique…

La croissance par le partage dépasse ces indicateurs et il n’y a pas à ce jour d’indicateurs communément partagés permettant de valoriser cette croissance.

Comme pour la croissance du PIB dans notre vie actuelle, les indicateurs économiques sont inadaptés à mesurer notre richesse individuelle et la richesse de nos sociétés !

Les questions et remarques à présent :

Une remarque essentielle de Sophie Gautier (OpenOffice.org) sur l’enthousiasme et le plaisir éprouvé par les contributeurs d’une communauté, et c’est probablement une des capacités essentielles d’un animateur de communauté de susciter cet enthousiasme.

Le Release early / Release often est important, il doit être pris en considération le risque d’épuisement de la communauté si le rythme est trop élevé. En corolaire, il est important de considérer la modularité du produit afin que le produit à sortir ne soit pas trop complexe et demander trop d’effort.

Jean-Baptiste Kempf à la tête du projet VideoLan (VLC) assure de la nécessité de l’enthousiasme puisque c’est le moteur des membres de VLC projet réalisé entièrement par des bénévoles. Il interroge également le release early / release often en posant la question du rythme lié à la complexité.

Plus que de la gestion, c’est plus un rôle de cristallisation de la communauté qui va permettre à l’enthousiasme de s’exprimer au sein de cette communauté.

Une autre question sur le sentiment d’appartenance à une communauté si le produit est géré et contrôlé à 100% par une entité commerciale… Est-ce une communauté ou un fan club ? Tout dépends de l’implication des membres… et de leur capacité à influer sur les orientations du produit.

Une question sur la possibilité de créer des communautés en internes dans les entreprises et même de communautés qui vont pouvoir être publier à l’extérieur de l’entreprise. Les exemples sont nombreux dans l’administration, avec la Gendarmerie nationale et OCS Inventory et GLPI, la création de l’Adullact, la BBC…

L’avantage de la communauté basée sur l’utilisation de licence libre permettant de ne pas perdre de temps à négocier des contrats puisque la licence est déjà là…

Une belle matinée vivement la prochaine !