ALE15 meilleure conférence de l’année

Je suis tout juste de retour de ALE15, la cinquième édition de la conférence auto-organisée du réseau Agile Lean Europe. Comme toujours, je me sens vraiment bien lorsque je suis de retour, et je trouve que cette édition était la meilleure… Je commence à m’habituer à ce ressenti, comme je n’ai manqué qu’une édition, en 2013, depuis le début de l’aventure.

Pourquoi est-ce si spécial ? Que se passe-t-il dans cette conférence ?

Bien, il y a de nombreuses choses que je pourrais mettre en avant.

La première, c’est auto-organisé. Cela signifie que tout le monde peut contribuer à l’organisation de l’événement. Pour chaque édition, plusieurs personnes se rassemble sur un sofa pour accomplir la mission de ce sofa. Par exemple, j’étais (avec d’autres) impliqué dans le sofa dédié au programme de la conférence, d’autres étaient impliqués dans le sofa de la finance, d’autres encore dans celui du marketing et d’autres dans celui des époux et enfants.
Lorsque vous choisissez de contribuer à un sofa, vous pouvez contribuer 5 minutes de votre temps pour une suggestion, ou investir bien plus, c’est votre choix, pensez juste à informer les autres lorsque vous lâcher un sujet afin qu’ils puissent s’adapter.
Sur la photo, vous pouvez voir la liste des organisateurs de cette année. Un grand bravo à mes pairs ! C’était top de faire cela avec vous !

Le seconde, il y a un programme pour les époux et enfants, cela veut dire que vous allez voir des enfants courir dans les allées des salles de conférence, jouer à des jeux, ou monter sur la scène pour une keynote. Cela veut dire que pour cette conférence vous pouvez être vous même parmi vos pairs et votre famille. Les enfants adorent, ma fille demande chaque année si nous allons bien à l’édition suivante avant même que nous soyons partis de celle en cours. La conférence est planifiée fin août, juste avant le retour des enfants à l’école spécialement pour cela.

La troisième, une partie du programme est réservée à un forum ouvert (open space), ainsi le programme de la conférence est défini en fonction des choses les plus importantes pour les participants sur le moment. Cette année, j’ai eu le plaisir de faciliter l’open space avec mon ami Pablo. C’était top et nos expérimentations ont plutôt bien fonctionnées.

Première expérimentation, comme les participants viennent de toute l’Europe (et plus) nous leur avons demandé de montrer l’opportunité babel en présentant leurs sujets d’abord dans leur langue maternelle puis en anglais. C’était étonnant de constater la différence de langage corporelle entre les deux présentations, et c’était bien plus énergisant et amusant d’entendre des langues que nous ne sommes pas habitués à entendre (voir pas du tout pour certaines).

Deuxième expérimentation, comme nous étions environ 180 personnes pour l’open space, nous savions que nous aurions au moins 12 groupes en parallèle et nous voulions que les groupes partagent leurs découvertes avec tous. Nous leur avons demandé de préparer une restitution de leurs travaux sur une feuille de paperboard et de résumer leur découverte en un tweet avec le hashtag #ale15. Nous avons organisé 20 minutes de restitution globale après chaque session de 40 minutes en sous-groupe.

Troisième expérimentation, comme nous partagions l’avis avec Pablo qu’un des grands bénéfices de l’utilisation du format open space est le but commun, nous avons tenté de proposer un but commun pour l’open space d’ALE15… et cela n’a pas du tout fonctionné… Mais nous avons survécu car c’était une expérimentation 😉

Et bien sur, un peu de magie de la part de grands orateurs et en provenance de grandes discussions.

2015-08-26 09.44.26Chris Matts a mis des mots sur un étrange ressenti lors de son discours d’ouverture le premier jour, il a expliqué l’évolution du mouvement agile en utilisant le modèle d’adoption de produit et d’autres modèles, et expliqué que l’arrivée de cadre permettant de passer l’agile à l’échelle avant que les histoires permettant d’inventer ces cadres n’existent. Plus sur cette idée dans son article.

Dans son discours d’ouverture du deuxième jour, Olaf Lewitz, nous a fait expérimenter un exercice de mémorisation qui a bien fontionné : « options have value, options expires, never commit early unless you know why » a été twitté de nombreuses fois, il a démontré dans son discours les méfaits de la polirasation et notre responsabilité dans la recherche d’intégration.

Beaucoup d’inspiration pour nos métiers que nous devrons ramener doucement dans nos organisations comme le recommande Rachel Davies dans son discours de clôture de la conférence.

J’ai également eu le grand plaisir de jouer une nouvelle fois l’expérience des billes rouges de Deming, une belle expérience et une belle conversation, les principes de Deming sont tellement actuels.

La suite ?

ALE16 bien sur, vous allez pouvoir contribuer à l’organisation de la prochaine édition de l’événement en vous asseyant sur l’un des sofas. Suivez :
Agile Lean Europe (ALE) sur linkedin et ou sur Twitter

PS : Cette édition était un peu difficile sur un plan personnel car Isabel, mon amour de partenaire (dans la vie et dans les affaires) a du supporter un épisode médical dévastateur. Je la remercie pour son support car elle m’a demandé de respecter l’engagement que j’avais fait à la communauté ALE et aussi pour permettre à notre fille de venir s’amuser avec ces pairs dans le programme pour les enfants.

ALE 2014 – deuxième et troisième jour

Cet article évoque les deuxième et troisième jour de la non-conférence 2014 du réseau ALE (Agile Lean Europe). Le résumé du premier jour est ici.

Ce deuxième jour de la non-conférence ALE 2014, débute par une session par Josef Scherer, Self-designing Feature Teams @BMW. Pour influer sur la culture d’une grande organisation, Josef explique qu’il est nécessaire d’établir une structure permettant à la culture d’exister ou d’évoluer. Josef a ensuite présenté les structures d’atelier permettant à des équipes de se recomposer en équipe dédiée à des fonctionnalités (et non plus par role dans un processus en cascade) et cela en moins d’une demi-journée.

Stephen Parry prenait la suite avec un approfondissement de sa session de la veille pour créer une organisation en capacité d’apprendre et de s’adapter. Stephen parle ici de créer les conditions, le climat permettant le développement de cette culture. Stephen a présenté l’application du diagnostique Climetrics mesurant le climat dans les organisations suivant 4 axes : Engaging, Learning, Leading, Improving. L’exemple présenté montre que pour passer d’une organisation « diriger et contrôler » il ne s’agit pas d’avoir des objectifs d’amélioration continue, mais une transformation complète de la façon de faire. Comme dans les exemples de la première session, ce sont les équipes qui ont dessiné la nouvelle organisation (et pas le management).

Paweł Pustelnik présentait comment créer et faire croitre la culture de leur organisation Future Processing. La culture se voit dans l’atmosphère, dans le climat présent dans l’équipe, dans les valeurs que les membres partagent.

Great Software… because we put people first.

J’ai trouvé intéressante l’idée d’habiller un des couloirs de l’entreprise avec les événements importants de l’entreprise depuis sa création, ainsi que celle du mur de photo de toutes les personnes de l’entreprise, également importante. Le support de Pawel est ici.

J’ai malheureusement manqué les sessions de lightning talks (probablement le meilleur me dira plus tard Pablo).

Les sessions de Pecha Kucha (20 slides x 20 secondes) était excellentes :

  • Christof Braun – Trust me – this is important
  • Alberto Brandolini – The final words about software estimation
  • Martin Klose – Coderetreat – perfect practice makes perfect
  • Pawel Brodzinski – Building Teams – We got it all wrong!

J’ai butiné au cours de ces sessions open space et participé à une seule excellente session celle de Sabina Abdulajeva qui nous faisait prendre conscience de notre corps.

Felienne Hermans concluait cette deuxième journée en proposant : « Putting the science in computer science« . C’était assez amusant d’essayer une approche scientifique sur une question troll : « quel est le meilleur langage de programmation ? ». Il s’avère que la réponse des participants ne dépends d’aucun des critères que l’on entends régulièrement cités pour défendre tel ou tel langage, mais dépends principalement de la disponibilité de librairies open source.

Le troisième jour débutait par la Keynote des enfants. J’ai oublié de préciser que ALE est une conférence à laquelle les époux(ses) et les enfants sont invités à participer ce qui contribue également à une ambiance particulière. Les enfants ont donc préparés une keynote au cours de laquelle l’ensemble des participants ont contribué à peindre une fresque avec leurs mains.

J’ai ensuite proposé une session « The Agile and Open Source Way » et j’ai obtenu enfin les feedbacks qui vont me permettre de faire évoluer radicalement le contenu de la session et d’augmenter son impact et son utilité (un grand merci pour ceux qui ont pris le temps de me donner des feedbacks).

C’est Olaf Lewitz qui a gagné l’opportunité de proposer un talk surprise. Il a choisi de nous proposer sa session « De-scaling your organization« . C’était excellent et inspirant, à la fois sur le contenu et la façon de le proposer.

Pour les lightning talks, l’émotion du moment ne fait retenir que le talk que ma fille Emma (12 ans) a donné (et en anglais). Merci à tous les participants pour leur enthousiasmes et leurs retours positifs.

Les sessions de Pecha Kucha du jour étaient excellentes également :

  • Oana Juncu – Key ingredients of storytelling
  • Antonio López – Using Social Network Analysis for an Agile transformation
  • Shannon Jean Ewan – Agile processes evolve. Agility is here to stay

J’ai participé à deux sessions open space, celle proposée par Olaf Lewitz nous a fait découvrir le personality poker et nous nous sommes dit avec Pablo que nous allions le traduire en français, et une en vue de la préparation de la conférence de l’année prochaine : ALE15 (oui j’y pense déjà et j’y serai).

Jennie Jepsen assurait la Keynote de cloture et faisait une nouvelle fois référence à la science (celle du fonctionnement de notre cerveau cette fois) pour expliquer nos problématiques de transformation.  Cela a au moins le mérite de rappeler que lorsque l’on dit science, on dit approche scientifique et qu’avant de s’intéresser à des résultats, il faut s’intéresser aux protocoles des expériences.

Un grand merci à Future Processing pour ces actions dans le cadre du sponsoring de cette édition ALE : Massage (avec les masseuses qui travaillent habituellement chez eux à temps plein), Soirée… et j’ai même gagné un cadeau en donnant une définition de ce qu’était faire du développement agile : « Build a product with all the emotions and intelligence of the team ».

Un grand merci à tous les participants, intervenants, organisateurs (quelque soit leurs roles) pour cette excellente édition !

Les liens depuis les noms des intervenants cités pointent sur leurs comptes Twitter, et je vous encourage à les suivre !

Les photos d’Olaf, de Pablo, de Tomek, de Antonio

ALE 2014 – premier jour

Ce premier jour de la non-conférence 2014 du réseau ALE (Agile Lean Europe) était particulièrement riche ! Une richesse que je ne fais qu’effleurer dans ce compte-rendu rapide. Le programme est un mix entre des sessions préparées et sélectionnées par les participants du sofa « programme » et un open space (pour ceux qui veulent contribuer aux éditions suivantes, tout le monde peut participer aux Sofas d’organisation de la conférence, ce qui en fait une non-conférence).

La keynote de Stephen Parry présentait l’importance de créer les conditions de la confiance dans l’organisation pour lui permettre de se développer. Créer ces conditions va permettre à une organisation « Commander et Contrôler » ou plutôt comme le dit Stephen, une organisation « Diriger et Espérer » de passer à une organisation « Ecouter et Adapter ». Le support de présentation est publié ici.

J’ai particulièrement apprécié ensuite la présentation de Petri Heiramo sur l’évolution de l’organisation de Futurice. La croissance de l’organisation ayant détruit le bien être et la performance de l’organisation, la conduite d’une transformation façon agile (c’est à dire en faisant prendre les décisions par les personnes elles-mêmes) vers une organisation en Tribut (Tribes) est très intéressante. Cela va me faire une page de plus à créer dans la catégorie « Inspiration » du wiki d’eNovance (désolé cette partie est réservée aux eNovancers pour l’instant). Les Tributs font de 30 à 50 personnes et doivent en tous les cas se scinder si elles atteignent la taille de 60. Les Tributs sont pluridisciplinaires de façon à traiter une prestation pour un client de bout en bout. 3 à 4 chefs de tributs sont sélectionnés par les membres de chaque tributs pour : représenter la tribut à l’extérieur, s’assurer de la construction des équipes pour les projets clients, faire que les clients soient heureux, que les employés soient heureux, définir une stratégie de développement. Le développement des compétences est de la responsabilité de l’employé avec le support des chefs de tribut et des 2 personnes du HC (Human Care, ce ne sont pas des RH ici…).

La présentation de Pawel Wrzeszcz (Software Mill) expliquant comment ils ont aplati la hiérarchie de leur entreprise de 20 personnes (20 CEOs company) tombait ensuite bien pour aborder certaines questions comme la transparence des informations. Sur la transparence des salaires leur démarche a été :

  1. ouvrir les informations comptables
  2. publier les salaires
  3. déterminer ensemble un algorithme pertinent pour gérer les augmentations de rémunération

Alors que des disparités notables existaient dans les rémunérations, leurs publications n’a produit une tempête qu’à retardement. Ils ont trouvés le moyen de gérer cela en définissant un algorithme définissant la rémunération cible de chacun, en explicitant les règles qui définissaient qui seraient augmentés en premier quand les revenus augmenteraient. Cela a permis de focaliser toute l’équipe sur l’augmentation des revenus de l’entreprise (tout en donnant du temps pour résorber les écarts justifiés seulement par les fluctuations du marché de l’emploi dans l’IT).

Après le déjeuner, j’enchainais avec 3 sessions de l’open space. La première pour approfondir la transformation de l’organisation de Futurice, la seconde pour discuter de la difficulté à accepter l’incertitude des estimations dans l’entreprise (ou nous avons parlé du processus d’élaboration de budget Beyond Budgeting) et la troisième pour approfondir les discussions autour de la transparence dans l’entreprise.

Les sessions préparées ont repris ensuite avec le « How to quit your job » de Sergey Kotlov, que je remercie pour son idée de capturer sa satisfaction au jour le jour en fixant un seuil, si 75% de choses étaient satisfaisantes dans la journée alors il choisi le vert, sinon ce sera rouge. Je pourrais ajouter une proposition pour le Happiness Index d’eNovance en disant que si 75% de choses sont satisfaisantes alors ce serait le smiley :), si 50% ce serait le 😐 et à moins alors ce serait 🙁 en associant à cela qu’un feedback rédigé est appréciable et utile dans les 3 cas.

L’approche de Wiktor Żołnowski nous disant que nous sommes tous géniaux (tous les êtres humains) était très intéressante pour faire comprendre la nécessité de la confiance à priori dans nos capacités, et la nécessité de partager les informations dont nous disposons plutôt que d’essayer de convaincre l’autre qu’il a tort.

J’ai apprécié pour terminer la présentation #noemployees de Juha Heimonen and Antti Kirjavainen sur leur expérimentation en cours chez Flowa. Cela m’a rappelé la réflexion de Fabrice Aimetti, un des associés d’Ayeba, émettant l’idée que la société ne devrait peut-être être qu’une société d’associés.

BveHLJ-IIAAIl0iDe nombreuses choses donc, qui me donnent envie de retoucher mon intervention planifiée vendredi matin… à suivre donc 🙂 Je remercie au passage Target Process pour le Tshirt qu’ils ont édité pour ma session !

Les liens depuis les noms des intervenants cités pointent sur leurs comptes Twitter, et je vous encourage à les suivre !

ALE2012 – qu’est-ce qu’une keynote ?

C’est lors d’une discussion autour d’un verre à la sortie d’ALE que la question a été abordée. Nous partagions nos points de vue sur les Keynotes de l’édition 2012 de la conférence annuelle du réseau Agile Lean Europe (ALE Network). « Nous » ici ce sont Pablo, Duarte, Stephen, Oana et quelques autres… Et c’est avec un peu de surprise que je constatais que nous ne classions pas les 3 Keynotes de la même façon…

Celle que je préférais oublier, apparaissant même en 1er, voire même comme la seule Keynote pour certain.

Suivant le Wiktionnaire, une keynote est un anglicisme désignant le discours d’ouverture d’un événement. Et il est utilisé, peut-être abusivement, pour désigner les interventions en plénière lors des conférences.

Keynote d’ouverture

La Keynote d’ouverture devrait donner le ton de la conférence, ouvrir les esprits, favoriser les échanges et donner de l’énergie aux participants pour la durée de la conférence.

Keynote de clôture

La Keynote de clôture devrait proposer une synthèse de la conférence et donner de l’énergie aux participants pour partager, échanger et construire pour l’année entière.

Bien sur, les intervenants des Keynotes devraient être disponibles et accessibles durant les journées de la conférence, participer et proposer des ateliers lors des sessions open space, participer aux déjeuners et diners… Bref, vivre la conférence avec les autres participants.

Keynote by a Stranger

Et comme nous avons pour la deuxième année de la conférence ALE pu profiter des soirées « beer with a stranger » et « dinner with a stranger », il m’est venu l’idée de faire pour les prochaines éditions une Keynote by a stranger… Pas nécessairement un total inconnu, mais quelqu’un à qui l’on confierait la mission d’ouvrir ou de clôre la conférence.

Cela nécessiterait probablement pas mal de travail pour la personne désignée, et elle aurait probablement besoin d’accompagnement et d’entrainement pour réussir sa mission… Mais nous aurions alors un nouveau membre du réseaux en capacité d’aller porter la vision d’ALE dans d’autres conférences.

Pour vous faire votre propre opinion et votre propre classement, voici les 3 keynotes de ALE2012. Ce n’est pas comme y être bien sur…

Jim McCarthy

Siraj Sirajuddin

Henrik Kniberg